La gauche française divisée sur l’Alliance atlantique et la défense de l’UE

Les partis de gauche français sont en désaccord sur la position à adopter vis-à-vis de l’OTAN, bien qu’ils aient récemment formé une alliance, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES), en vue des élections législatives de juin.

Euractiv France
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Pour Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour les législatives de juin et eurodéputé de gauche radicale, l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN « n’est pas une bonne solution » mais il a dit « comprendre » que, « dans la situation internationale actuelle », certains pays se sentent mieux protégés en étant au sein de l’Alliance atlantique plutôt qu’en dehors. [EPA-EFE/Sebastien Nogier]

Les partis de gauche français sont en désaccord sur la position à adopter vis-à-vis de l’OTAN, bien qu’ils aient récemment formé une alliance, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES), en vue des élections législatives de juin.

Après que le Parlement finlandais a approuvé mardi (17 mai) le projet de demande d’adhésion à l’OTAN à une majorité écrasante, le président français Emmanuel Macron a indiqué « saluer et soutenir » leur décision.

Toutefois, pour le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour les législatives de juin, l’eurodéputé de gauche radicale Manuel Bompard, l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN « n’est pas une bonne solution » mais il a dit « comprendre » que, « dans la situation internationale actuelle », certains pays se sentent mieux protégés en étant au sein de l’Alliance atlantique plutôt qu’en dehors.

Il a réitéré la proposition de son parti de sortir « progressivement du commandement intégré et ensuite de l’OTAN ».

En alternative, et pour faire face aux enjeux de sécurité, La France insoumise propose la convocation d’une « conférence sous l’égide de l’OCDE pour faire en sorte qu’on pose la question des conflits territoriaux » a indiqué M. Bompard.

La question de l’appartenance à l’OTAN fait partie, avec la désobéissance aux règles européennes jusqu’à il y a peu, des points de désaccord fondamentaux entre les différents partis de gauche qui se sont alliés dans la « Nouvelle union populaire écologique et sociale ».

Les Verts par exemple, ont toujours été très critiques envers Jean-Luc Mélenchon pour son positionnement opposé à l’Alliance atlantique.

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle, le secrétaire national d’Europe Ecologie les Verts Julien Bayou déplorait le concept de « non-alignement » entre le bloc occidental et la Russie promu par la gauche radicale.

Depuis que les deux formations de gauche se sont alliées, la question de l’OTAN ne semble pas avoir été encore résolue : la sénatrice écologiste Mélanie Vogel a rappelé dans la semaine que « la NUPES ne propose pas de sortie de l’OTAN ». Or, Manuel Bompard semble bien suggérer l’inverse.

Pour renforcer la sécurité du bloc, les Verts plaident traditionnellement pour une Europe de la défense, également proposée par Emmanuel Macron lors du sommet de Versailles en mars dernier, mais il n’était pas question, en 2022, ni de sortir de l’Alliance atlantique.

Dans l’accord conclu il y a deux semaines entre les Verts et les Insoumis était mentionné le souhait d’« entamer des coopérations altermondialistes pour agir pour un monde qui respecte les droits humains, la démocratie et lutte contre le dérèglement climatique », sans mention de la politique à tenir vis-à-vis de l’OTAN ni de l’Europe de la défense.

Le Parti socialiste, qui fait aussi partie de la coalition de gauche, a toujours promu le maintien de la France dans l’OTAN. Opposée à l’accord avec la gauche radicale mais qui n’a pas souhaité l’empêcher, l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle Anne Hidalgo (1,7 %) a déploré que celui-ci « ne porte pas les garanties nécessaires sur des sujets aussi essentiels que l’OTAN et l’Europe de la défense ».

Le programme de la gauche unie devrait être présenté dans les prochains jours, et pourrait permettre de clarifier ce point.