La gauche espagnole met en garde contre « l’Europe de la guerre »

L’Union européenne devrait se concentrer sur la protection des droits humains au lieu de devenir une « Europe de la guerre », a déclaré mardi Yolanda Díaz, vice-première ministre espagnole et présidente du mouvement de gauche Sumar.

EFE avec EURACTIV.com
High-level conference in Belgium on The European Pillar of Social Rights
« Les peurs sont le prélude, comme nous le montre l’histoire, aux forces autoritaires, et c’est ce qui est en jeu aujourd’hui en Europe », a expliqué Yolanda Diaz. [OLIVIER HOSLET/EPA-EFE]

L’Union européenne devrait se concentrer sur la protection des droits humains au lieu de devenir une « Europe de la guerre », a déclaré mardi (16 avril) Yolanda Díaz, vice-première ministre espagnole et présidente du mouvement de gauche Sumar.

Lors d’un entretien avec EFE, partenaire d’Euractiv, Mme Díaz a exprimé son inquiétude face à l’escalade de la guerre au Moyen-Orient et à la situation en Ukraine. Elle a également souligné l’importance cruciale de la diplomatie et de la paix.

Mme Díaz, présidente de Sumar et membre de la coalition gouvernementale, a expliqué que « nous avons besoin d’une Europe qui possède son propre projet, qui progresse vers l’Europe de la lumière, des droits de l’homme. Aujourd’hui, ce projet n’est pas réalisé ».

Elle a également souligné que « l’Europe de la guerre » ne correspond pas au « modèle attendu par les citoyens européens ».

L’ancienne membre du parti d’extrême gauche Podemos, aujourd’hui presque disparu, a déclaré : « Nous avons plus que jamais besoin d’une diplomatie européenne, nous avons plus que jamais besoin de paix en Europe. Cette tendance croissante dans le discours et la politique publique en faveur du bellicisme, ouvre bien sûr la porte à la réaction en Europe ».

« Les peurs sont le prélude, comme nous le montre l’histoire, aux forces autoritaires, et c’est ce qui est en jeu aujourd’hui en Europe », a-t-elle ajouté.

D’autre part, Mme Díaz a sévèrement critiqué le récent pacte européen sur l’immigration et l’asile, qu’elle a qualifié de « profondément régressif ».

« Loin de cette Europe qui érige des frontières et des murs, nous avons besoin d’une Europe de la solidarité, d’une Europe basée sur les droits de l’homme, sur l’inclusion, ce que, malheureusement, nous ne voyons pas aujourd’hui », a souligné la dirigeante de Sumar.

Ce n’est pas la première fois que Mme Díaz s’exprime publiquement contre la guerre, contre le soutien militaire de l’Espagne à l’Ukraine ou qu’elle rejette catégoriquement les attaques d’Israël dans la bande de Gaza.

« L’extension de la guerre dans la région aurait des conséquences catastrophiques ; nous voulons la paix », a-t-elle posté la semaine dernière sur X après les attaques de l’Iran contre Israël.