La future présidence stable de l’UE ne lèsera pas les États de l’Est de l’Europe

Les critères de sélection du président du Conseil de l’Union européenne feraient ressortir un clivage entre petits et grands pays plus qu’entre nouveaux et anciens États membres.

Les critères de sélection du président du Conseil de l’Union européenne feraient ressortir un clivage entre petits et grands pays plus qu’entre nouveaux et anciens États membres.

Profil recherché  : dirigeant d’un pays de taille modeste, appartenant à la zone euro et à l’espace Schengen, de préférence de droite. Même si, dans l’attente de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, les candidatures à la présidence stable de l’Union européenne ne sont pas encore officielles, d’éventuels critères de sélection circulent, voire des noms. Celui de l’ancien premier ministre britannique, Tony Blair, et du premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende sont fréquemment cités. Quant au premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, il a clairement exprimé son intérêt pour le poste. (EURACTIV.fr 28/10/2009)

En revanche personne du côté des nouveaux États membres n’est vraiment cité. Une situation qui n’est pas alarmante, selon Philippe Perchoc, président de Nouvelle Europe. La recherche d’un équilibre des pouvoirs entre les pays de l’Union par l’intermédiaire du président de l’UE dépendant, selon lui, davantage de la taille du pays que de la date d’adhésion.

Il est logique que le futur président de l’UE soit issu d’un pays appartenant au «cercle le plus intégré » de l’Union européenne, estime Philippe Perchoc. C’est-à-dire un État membre de la zone euro, situé dans l’espace Schengen, et signataire de la charte des droits fondamentaux. Des critères qui excluent a priori les nouveaux pays entrants, hormis la Slovaquie et la Slovénie. Sans que les principaux concernés s’en offusquent.

Influer sur la définition de la fonction

Car c’est plus comme petits États qu’en tant que pays de l’Est de l’Europe que les nouveaux entrants voudront faire entendre leur voix, partageant ainsi les mêmes objectifs que le Bénélux par exemple. Le but est d’être représenté aux postes communautaires les plus visibles, et ainsi d’éviter un monopole des grandes puissances. L’objectif est également d’influer sur la définition même du travail du futur président.

« Les grands pays européens veulent que le président du Conseil soit un véritable leader alors que les petits pays veulent préserver le rôle de la Commission et dans ce sens privilégient un « chairman » », explique Philippe Perchoc. L’idée est qu’avec un commissaire par État, la représentation de chacun reste égale.

Cette position est défendue à la fois par les petits pays qui ne veulent pas être écrasés par les grands, et par les États qui ont récemment rejoint l’UE après avoir été délivrés de l’emprise soviétique. « N’oublions pas qu’ils ont retrouvé leur souveraineté il n’y a pas si longtemps», insiste Philippe Perchoc, citant par exemple les Estoniens qui «ne veulent pas passer d’une Union à une autre ».

Dans ce contexte, la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite aurait été une candidate valable, non seulement du fait de ses compétences mais aussi parce que les institutions européennes ont besoin de redorer leur blason en matière de mixité. Mais la probabilité qu’elle se présente est faible. « Dalia Grybauskaite a été élue triomphalement pour résoudre la crise. Il serait mal venu qu’elle abandonne le navire maintenant », explique Philippe Perchoc. Le Traité de Lisbonne interdit en effet le cumul des fonctions de président du Conseil européen avec un mandat national.