La France ne contribue pas « assez » à la souveraineté pharmaceutique de l’UE, selon les Entreprises du médicament
Dans un baromètre dévoilé mardi sur l’attractivité de la France pour l’industrie pharmaceutique, les Entreprises du médicament (Leem) constate que la France est à la traîne et ne contribue pas assez à la souveraineté pharmaceutique de l’Europe.
Dans un baromètre dévoilé mardi (18 juin) sur l’attractivité de la France pour l’industrie pharmaceutique, les Entreprises du médicament (Leem) constate que la France est à la traîne et ne contribue pas assez à la souveraineté pharmaceutique de l’Europe.
Bien que les investissements en recherche et développement (R&D) dans le secteur pharmaceutique soient en hausse, « il y a urgence à agir », alerte le président du Leem Thierry Hulot.
Dans le baromètre publié mardi, le Leem tire la sonnette d’alarme : la France n’est plus un pays européen attractif pour l’industrie pharmaceutique comparée à ces rivaux européens.
En 2008, la France était le premier producteur européen de médicaments, mais elle se classe désormais au sixième rang, derrière la Suisse, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, selon les données officielles du gouvernement.
Aujourd’hui, moins d’un nouveau médicament sur dix est produit en France, contre un sur quatre en Allemagne.
En cause notamment, une fiscalité élevée et des médicaments vendus à bas prix, que les industriels qualifient d’« effet coup de ciseau » pour leur secteur.
« La France surtaxe l’industrie pharmaceutique (60 % de son résultat, dont 88 % de prélèvements spécifiques au secteur) et impose des prix en moyenne 10 % inférieurs à ceux des pays européens comparables », relève le Leem.
En France, les taxes sectorielles (énergie, environnement et autres taxes indirectes) pour l’industrie pharmaceutique sont estimées à 88 %, contre 74 % au Royaume-Uni, 53 % en Espagne et 3 % en Suisse. En Allemagne, par exemple, la fiscalité spécifique au médicament est deux fois moins élevée.
Et cela n’est pas sans conséquence pour les patients : 37 % des nouveaux médicaments autorisés par l’Agence européenne du médicament (EMA) entre 2019 et 2022 n’étaient toujours pas disponibles en France fin 2023, contre 12 % en Allemagne.
Cette situation affecte également le secteur de l’innovation. La France, au troisième rang des puissances européennes en matière d’essais cliniques, « n’exploite pas son plein potentiel d’innovations », estime le Leem.
« Ceci accentue la perte de chance pour les patients qui ont un accès retardé aux dernières innovations .»