La France, la Hongrie et la Slovaquie enverront des représentants à l’investiture de Vladimir Poutine
Alors que la plupart des pays occidentaux compte boycotter la cinquième cérémonie d’investiture du président russe Vladimir Poutine mardi (7 mai), en raison de la guerre en Ukraine, la France, la Hongrie et la Slovaquie y enverront des représentants.
Alors que la plupart des États membres de l’Union européenne, ainsi que les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, comptent boycotter la cinquième cérémonie d’investiture du président russe Vladimir Poutine mardi (7 mai), en raison de la guerre en Ukraine, la France, la Hongrie et la Slovaquie y enverront des représentants.
En mars, Vladimir Poutine a été réélu haut la main pour un nouveau mandat de six ans, jusqu’en 2030, quelques semaines seulement après la mort de son principal opposant, Alexeï Navalny, dans une prison en Sibérie. Le scrutin a été largement condamné comme étant illégitime.
En amont de la cérémonie de mardi, de nombreux pays occidentaux ont annoncé que leurs représentants ne participeraient pas à l’événement, notamment les pays baltes, la République tchèque, le Royaume-Uni et le Canada.
« Nous ne célébrons pas un agresseur. Il convient également de rappeler que [Vladimir] Poutine est recherché pour crimes de guerre », a déclaré Margus Tsakhna, ministre estonien des Affaires étrangères, à propos de la décision de son pays de ne pas participer à la cérémonie.
Une vingtaine d’États membres de l’UE ne seront pas présents, ont indiqué des diplomates de l’UE à Euractiv, tandis que Reuters a rapporté que sept autres États membres enverraient des représentants.
Bien que la position de la France sur la Russie soit devenue plus belliqueuse au cours des dernières semaines, après qu’Emmanuel Macron a mentionné la possibilité d’envoyer des troupes en Ukraine, un diplomate français a précisé à Reuters que « la France sera représentée par son ambassadeur en Russie ».
L’ambassadeur français sera rejoint par des représentants de la Hongrie et de la Slovaquie, qui entretiennent toutes deux des liens étroits avec la Russie et affichent une position ambiguë quant à la guerre en Ukraine.
En effet, Budapest et Bratislava ont jusqu’à présent refusé de fournir des armes à Kiev, mais n’ont fait obstacle à aucune décision de l’UE.
L’UE refuse
Les lettres d’invitation à la cérémonie ont été reçues par les États membres de l’UE et par la délégation de l’UE à Moscou, a annoncé Peter Stano, porte-parole principal de l’UE pour les affaires étrangères, aux journalistes lundi (6 mai) à Bruxelles.
« Nous discutons actuellement avec les États membres de l’UE de la forme de notre réponse, […] nous essayons toujours d’avoir une approche européenne coordonnée dans la mesure du possible. […] La décision finale n’a pas encore été prise », a ensuite expliqué M. Stano.
Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a toutefois ajouté qu’il était « opposé à ce que l’UE participe à cet événement à Moscou ».
Tard dans la soirée de lundi, un porte-parole de l’Union a annoncé que l’ambassadeur de l’UE en Russie n’assisterait pas à l’investiture, une position qui devrait être coordonnée entre tous les États membres.
« Notre ambassadeur de l’UE ne sera pas présent, la plupart des États membres ne seront pas présents, mais quelques États membres le seront — au niveau d’un ambassadeur », a déclaré le porte-parole.
La position ukrainienne
L’investiture de M. Poutine crée « l’illusion de la légalité pour une personne qui a transformé la Fédération de Russie en un État agresseur et le régime en place en une dictature et qui restera au pouvoir presque à vie », a déclaré le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué.
« L’Ukraine ne voit aucune raison légale de reconnaître M. Poutine comme le président démocratiquement élu et légitime de la Fédération de Russie », a-t-il ajouté, demandant à ses alliés de ne pas assister à la cérémonie.
La cérémonie d’investiture de M. Poutine dans la salle Andreïevski du grand palais du Kremlin est prévue à midi, heure moscovite.
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[Édité par Anna Martino]