La France inspire les progressistes grecs à unir leurs forces

La collaboration entre les partis de gauche en France en amont du premier tour des élections législatives anticipées du 30 juin a suscité un grand débat à Athènes, certains responsables politiques appelant les forces progressistes grecques à s’unir.

Euractiv.com
Five candidacies for SYRIZA-Progressive Alliance’s next president
Níkos Pappás, membre du principal parti d’opposition de gauche, Syriza. [[EPA-EFE/GEORGE VITSARAS]]

La collaboration entre les partis de gauche en France en amont du premier tour des élections législatives anticipées du 30 juin a suscité un grand débat à Athènes, certains responsables politiques appelant les forces progressistes grecques à s’unir.

« Les partis progressistes doivent répondre aux attentes des citoyens progressistes, qui veulent voir un pouvoir crédible face [au parti au pouvoir] Nouvelle Démocratie [membre du Parti populaire européen] et un pôle pour gagner les prochaines élections avec de fortes chances », a confié Níkos Pappás, un législateur du principal parti d’opposition de gauche, SYRIZA (La Gauche, GUE/NGL), à Euractiv.

Le parti de centre droit Nouvelle Démocratie a remporté les élections européennes de début juin, mais a subi de lourdes pertes. Le scrutin européen en Grèce s’est également démarqué par un taux d’abstention record.

Les conservateurs ont recueilli 27,7 % des voix, un résultat bien inférieur à l’objectif de 33 % fixé par le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis. Le parti est en net recul par rapport aux 41 % qu’il avait obtenus lors des élections législatives de juillet 2023, perdant ainsi près de 1,1 million de voix.

SYRIZA s’est pour sa part classé deuxième position du scrutin européen, avec 14,9 % des voix. Il est suivi par le PASOK (Socialistes et Démocrates, S&D) avec 13,03 %.

Depuis, plusieurs membres de ces deux partis d’opposition se sont exprimés publiquement sur la nécessité de collaborer pour renverser les conservateurs.

Pour Níkos Pappás, ce sont les évènements survenus en France qui ont déclenché le débat.

« Les élections anticipées ont été une surprise et les forces politiques ont été contraintes de s’enfermer dans une pièce et d’en sortir avec un accord politique sur le programme et avec des candidats dans toutes les régions », a déclaré le législateur de gauche.

« Nous observons la situation avec beaucoup d’attention et de manière très positive », a-t-il noté, ajoutant que les partis SYRIZA et PASOK pourraient, s’ils travaillent ensemble, provoquer « un évènement politique majeur ».

 

Mais selon lui, le timing n’est peut-être pas le bon.

« Si la Nouvelle Démocratie chute encore dans les sondages au cours de la prochaine période, le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis pourrait être tenté d’organiser des élections, et il nous prendrait au dépourvu. »

Des personnalités politiques progressistes se sont réunies cette semaine lors d’un évènement international organisé à Athènes par l’ancien Premier ministre Aléxis Tsípras, membre de SYRIZA, et Zoran Zaev, président de la Macédoine du Nord.

Parmi eux se trouvait également l’ancien président français François Hollande.

« Toutes les forces démocratiques peuvent travailler ensemble pour une Europe progressiste, pour des Balkans progressistes, pour une Grèce progressiste », a déclaré lors de la conférence Giórgos Papandréou, ancien Premier ministre grec et chef de l’Internationale socialiste pendant 16 ans.

Une enquête montrant que les électeurs progressistes veulent que les choses progressent a été présentée aux participants.

Selon cette enquête, 69 % des citoyens considèrent que les partis de centre gauche devraient s’unir, tandis que 83 % des électeurs du SYRIZA et du PASOK ont répondu par la positive à la question de savoir s’il fallait « converger vers une formation unique ».

Mais le PASOK , membre du Parti socialiste européen (PSE), est dans la tourmente.

Le leadership de son chef, Níkos Androulákis, est remis en question par plusieurs responsables politiques au sein de son propre parti, ces derniers faisant pression sur lui pour qu’il organise des élections internes.

Tous les candidats potentiels pour reprendre son poste, y compris le maire d’Athènes, Háris Doúkas, ont indiqué qu’un dialogue au sein du centre gauche devrait être entamé.

Háris Doúkas a remporté les élections municipales d’Athènes en octobre 2023 au second tour avec le soutien du parti de gauche SYRIZA.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]