La France et l’Allemagne pressent pour un accord migratoire Royaume-Uni — UE

Les ministres de l’Intérieur français et allemand encouragent leur homologue britannique à ouvrir des négociations en vue d’un nouvel accord entre le Royaume-Uni et l’UE sur l’immigration irrégulière.

EURACTIV.com
Cabinet meeting of the British government in London
La ministre britannique de l'Intérieur Yvette Cooper arrive à Downing Street pour une réunion du cabinet du gouvernement britannique, à Londres, Grande-Bretagne, le 06 août 2024. [ANDY RAIN/EPA-EFE]

Les ministres de l’Intérieur français et allemand encouragent leur homologue britannique à ouvrir des négociations en vue d’un nouvel accord entre le Royaume-Uni et l’UE sur l’immigration irrégulière. 

Alors qu’un nombre croissant d’États membres de l’UE chercher à durcir leur politique d’immigration, et que Paris et Berlin placent la question au cœur de leurs conversations, les traversées irrégulières de la Manche sont les prochaines à figurer sur la liste des choses « urgentes » à régler.

En conséquence, si le nouveau Premier ministre britannique, Keir Starmer, souhaite réellement une « réinitialisation » des relations de son pays avec l’UE, il doit être prêt à placer l’immigration au sommet de la liste des priorités.

La France et l’Allemagne y veilleront. C’est, en substance, ce que les deux ministres de l’Intérieur, l’Allemande Nancy Faeser et le Français Bruno Retailleau, ont dit à leur homologue britannique, Yvette Cooper, en marge d’une réunion des ministres de l’Intérieur du G7 à Mirabella Eclano, en Italie, ce jeudi 3 octobre, expliquent à Euractiv les équipes du ministre français.

L’Hexagone a conclu une série d’accords bilatéraux avec le Royaume-Uni, qui ont permis d’effectuer des contrôles administratifs et policiers sur le sol français en échange d’un soutien financier de la part de Londres. Or, ces accords ne sont plus suffisants pour Paris et Berlin, qui souhaitent que la Commission européenne intervienne et se mette d’accord sur un accord à l’échelle de l’UE.

« [Bruno Retailleau] lui parlera [à Yvette Cooper] en particulier de la nécessité d’un accord global migratoire entre l’UE et le Royaume-Uni portant sur les voies légales d’accès au Royaume-Uni», a précisé le cabinet de Bruno Retailleau à Euractiv, en amont de l’entretien bilatéral.

L’accord doit inclure un durcissement de la législation contre le travail clandestin au Royaume-Uni et la facilitation des processus de regroupement familial au Royaume-Uni, en particulier pour les mineurs non accompagnés, dans la droite ligne de ce que l’on appelle « l’amendement Dubs», rejeté par les britanniques lors des discussions sur le Brexit en 2020, a précisé le cabinet de Bruno Retailleau à Euractiv.

Cet amendement visait à garantir que les enfants réfugiés non accompagnés et séparés en Europe puissent retrouver les membres de leur famille au Royaume-Uni.

Bruno Retailleau devait également a également du profiter de son entretien en tête-à-tête avec Yvette Cooper pour demander de nouvelles mesures de répression contre l’emploi illégal sur les marchés britanniques, perçus comme un facteur d’immigration irrégulière.

Dans tous les cas, les négociateurs de l’UE seront également attentifs à ce que tout accord avec le Royaume-Uni sur le retour des migrants en situation irrégulière s’accompagne d’engagements de la part du Royaume-Uni pour aider à partager le fardeau du traitement des demandeurs d’asile qui arrivent en Europe, ont déclaré des diplomates à Euractiv.

L’effort pour convenir d’un nouvel accord commun fait suite à une lettre du prédécesseur de Bruno Retailleau, Gérald Darmanin, et de Nancy Faeser, adressée à la commissaire européenne aux Affaires intérieures Yvla Johansson au cours de l’été, avertissant que le Brexit avait eu des conséquences néfastes sur la coordination des politiques migratoires à l’échelle de l’UE.

« L’absence de dispositions encadrant les flux de personne entre le Royaume-Uni et l’espace Schengen participe évidemment de la dynamique des flux irréguliers — et de la mise en danger des personnes qui empruntent cette route en Manche et en mer du Nord », peut-on lire dans la lettre, vue par Euractiv.

D’autres sujets devaient ont été abordés au G7, notamment les accords sur l’immigration avec les pays dits « d’origine », les ministres de Libye, de Tunisie et d’Algérie étant exceptionnellement présents.

Nicholas Wallace a contribué à la rédaction de cet article.