La France et l’Allemagne divisées sur le Fonds monétaire européen
La ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a estimé le 9 mars que cette initiative allemande ne constituait pas une priorité.
La ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a estimé le 9 mars que cette initiative allemande ne constituait pas une priorité.
L’idée d’un fonds monétaire européen visant à sauver les pays de la zone euro en difficulté financière n’était pas de nature à affaiblir les règles de discipline budgétaire au sein de l’Union européenne, a expliqué Angela Merkel le 9 mars.
S’exprimant à l’issue d’une réunion avec le Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, la chancelière allemande a souligné les développements positifs de la situation en Grèce.
Elle a ajouté qu’il revenait à la Commission européenne, l’exécutif européen, de prendre des mesures concernant les CDS, sortes de contrats d’assurance.
Jean-Claude Juncker a pour sa part estimé qu’un fonds monétaire européen ne serait pas une solution aux problèmes de la Grèce. « Il faut tout faire pour arrêter la spéculation visant la Grèce », a-t-il ajouté.
Interrogé sur l’initiative allemande sur le fonds monétaire européen, le même jour, la ministre de l’Économie française, Christine Lagarde, s’est montrée mesurée. « C’est une piste intéressante, mais elle ne me paraît pas être la priorité absolue du moment. Il ne sert à rien de rentrer dans une polémique inutile. Par ailleurs, ce n’est pas la seule piste envisageable », a-t-elle déclaré lors de l’inauguration de la nouvelle Autorité de contrôle prudentiel.
La France et l’Allemagne seraient donc moyennement sur la même longueur d’onde. « Les Allemands sont très désireux de faire respecter les traités à la lettre et que les gouvernements nationaux ne soient pas impliqués dans un soutien à la Grèce », explique le directeur du département des études de l’OFCE, Jacques Le Cacheux à EURACTIV.fr. « Cela permet à Angela Merkel de dire à son opinion publique que ce n’est pas son gouvernement qui va payer », ajoute-t-il.
Une ligne sur laquelle ne se retrouve pas totalement la France qui plaide toujours pour la mise en place d’un gouvernement économique européen. Paris a une « vision plus ambitieuse du gouvernement économique de la zone euro. Les Français ont peur que la mise en place de ce fonds ne signe l’arrêt de mort du débat sur la gouvernance économique », explique Jacques Le Cacheux. « Pour la France, la crise grecque était l’occasion de remettre sur la table ce projet. »