La France demande que l’Arménie bénéficie de la Facilité européenne pour la paix
L’Union européenne et les États membres peuvent « faire plus » pour aider l’Arménie et envoyer « un signal clair », a déclaré mardi (3 octobre) la ministre française des Affaires étrangères, qui a aussi annoncé des « livraisons de matériel militaire » de la part de la France.
L’Union européenne et les États membres peuvent « faire plus » pour aider l’Arménie et envoyer « un signal clair », a déclaré mardi (3 octobre) la ministre française des Affaires étrangères, qui a aussi annoncé des « livraisons de matériel militaire » de la part de la France.
« J’ai demandé officiellement et par écrit au haut représentant de l’Union européenne, Josep Borrell, […] d’inclure l’Arménie dans le champ des bénéficiaires de la Facilité européenne de paix [FEP] », a annoncé la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, mardi soir (3 octobre), lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue arménien à Erevan.
« Faire plus »
La FEP est un instrument financier de l’UE qui finance les actions extérieures de l’institution ayant une dimension militaire ou de défense. Elle est notamment utilisée au profit de l’Ukraine, suite à l’invasion russe, ou encore au profit de la Moldavie.
Quant à l’Arménie, la ministre française a demandé à M. Borrell « de renforcer les effectifs de la Mission d’observation européenne et de renforcer son mandat, de façon à ce que cette mission soit encore plus utile qu’elle [ne] l’est ».
« Mais nous pouvons faire plus », a ajouté la ministre.
Indiquant que l’« effort » de la France était aussi « européen », Mme Colonna veut que « l’Union européenne et ses États membres adressent dès à présent un signal clair » en soutien de l’Arménie.
Un signal à destination de « tous ceux qui seraient tentés de mettre en cause l’intégrité territoriale de l’Arménie », car «toute action en ce sens donnerait lieu à des réactions robustes. Que personne n’en doute », a-t-elle ajouté.
Plus qu’à l’ensemble des États membres de l’UE, la ministre « espère » aussi un soutien de la part des États-Unis.
Après la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Kiev lundi (2 octobre), la cheffe de la diplomatie française a indiqué avoir constaté un revirement en faveur de l’Arménie de la part de certains partenaires européens. « Je pense pouvoir dire que les tragiques événements qui viennent de se dérouler au Haut-Karabakh conduisent un certain nombre de nos partenaires à changer leur vision ».
Elle a dit espérer que cela puisse « les rapprocher de nos points de vue et de cette unité qui est nécessaire entre Européens », l’objectif poursuivi restant une « solution politique et un accord de paix juste et durable ».
Livraison de matériel militaire
D’un point de vue bilatéral franco-arménien, la ministre a aussi annoncé que « la France a donné son accord à la conclusion de contrats futurs, forgés avec l’Arménie, qui permettront la livraison de matériels militaires à l’Arménie pour qu’elle puisse assurer sa défense ».
Interrogé sur le fait de savoir s’il s’agissait de ventes d’armes ou d’un envoi à fond perdu, le ministère français des Affaires étrangères n’a pas donné suite aux sollicitations d’Euractiv au moment de la publication de cet article.
Ces annonces ainsi que la visite de la cheffe de la diplomatie française interviennent après l’opération militaire menée par l’Azerbaïdjan contre la région séparatiste du Haut-Karabakh, ayant abouti au déplacement de « plus de 100 000 réfugiés » arméniens vers l’Arménie. « La situation au Haut-Karabakh […] est une violation flagrante du droit international », a-t-elle réitéré, assurant à l’Arménie du « soutien constant » de la France.
Ce soutien « se poursuivra et se manifestera à nouveau si cela était nécessaire ».
La réponse, outre le soutien humanitaire, est aussi « politique », a indiqué la ministre, selon qui la France « a été active plus que d’autres et depuis plus longtemps », aux côtés de l’Arménie.
Mme Colonna a déclaré que la France travaille « à […] un projet de résolution [du Conseil de sécurité de l’ONU] visant à garantir une présence internationale permanente au Haut-Karabakh ».
Son déplacement était aussi « une façon de marquer l’extrême vigilance de la France face à toute tentative de menacer ou de songer à porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Arménie », a-t-elle conclu.