La France demande aux Etats de rendre leurs copies pour la COP21
Attendues avant la fin mars, les contributions pour la COP21 des pays participants aux négociations sont en retard. La France a fait inscrire le sujet au Conseil européen pour demander à ses 27 partenaires de battre le rappel.
Attendues avant la fin mars, les contributions pour la COP21 des pays participants aux négociations sont en retard. La France a fait inscrire le sujet au Conseil européen pour demander à ses 27 partenaires de battre le rappel.
C’est un ajout de dernière minute. Selon les conclusions provisoires consultées par EURACTIV, le Conseil européen va s’engager à « assurer une action diplomatique coordonnée sur l’énergie et le climat avant la COP 21 ».
Le sujet climat a été inséré à l’ordre du jour à la demande de la France, qui organise la conférence sur le climat en décembre prochain. Et ce pour une question de calendrier.
Le texte de l’UNFCCC précisait en effet que les contributions nationales ou INDC (Intended Nationally Determined Contributions) devaient être soumises « bien avant la conférence de la COP21, et avant la fin du premier trimestre 2015 pour les pays prêts à le faire ».
Or comme le montre le site de l’UNFCC, pour l’heure, seulement deux contributions ont été enregistrées : celle de la Suisse, le 15 février dernier, et celle de l’UE, le 06 mars. Soit 29 pays au total, ce qui est bien peu pour construire un accord à 190 parties.
Retard dans les contributions
Les États-Unis se sont aussi engagés à déposer leur propre contribution d’ici la fin du mois. La Russie avait aussi émis ce projet, mais est restée discrète sur le sujet ces derniers temps.
« Je souhaite que tous les pays publient leurs contributions dans les meilleurs délais » a insisté Laurent Fabius, mardi 17 mars à Paris, lors d’une conférence sur le réchauffement en Arctique à la maison des Océans de l’Institut Océanographique de Monaco, avant de constater qu’il y « avait un certain retard dans le dépôt des contributions ».
Selon un sondage effectué par New Climate Group, plus d’un tiers des pays concernés par les négociations climatiques n’avaient pas commencé à travailleur sur leur propre position.
Nombre de pays prévoyant de déposer leurs contributions COP21, mois par mois
La position des États-Unis attendue rapidement
Les États-Unis se sont engagés à fournir leur propre contribution d’ici la fin mars, afin de faciliter le processus. Ils devaient détailler l’engagement déjà connu d’une réduction de 25 à 28 % de leurs émissions. Comme l’UE l’a fait, leur texte risque de laisser des portes ouvertes.
>>Lire : L’Europe apporte sa pièce au puzzle de la coopération internationale pour le climat
L’UE a ainsi évité de préciser dans sa contribution si les émissions liées à l’agriculture et la forêt seraient comptabilisées et comment, reportant cet enjeu à des études futures. Les États-Unis pourraient faire de même. Le sujet est en train de monter aux États-Unis, où le président américain Barack Obama a déclaré dans une interview à Vice News qu’il « garantissait que l’approche du Parti républicain sur le changement climatique allait changer, parce que les électeurs insisteront sur le sujet »
L’UE à la rescousse sur le « protocole de Paris »
La Commission œuvre en parallèle du gouvernement français pour faire en sorte que les négociations se déroulent bien. Elle est notamment l’auteure d’un Protocole de Paris ambitieux transmis au Parlement européen et au Conseil sur le sujet ; une position nettement plus développée que celle déposée à l’UNFCC, qui comporte un plan d’action portant sur la diplomatie climatique.
« il faut faire du changement climatique une priorité stratégique du dialogue politique, notamment lors des réunions du G7 et du G20 ainsi qu’à l’ONU » précise le texte, qui évoque aussi d’autres politiques de l’UE.
Le document montre la détermination de la Commission, qui est « sortie de la novlangue habituelle des services de la Commission » se réjouit une source française.
La grande nouveauté du Protocole de Paris, selon les diplomates français qui planchent sur le dossier, sera la possibilité d’adapter les engagements de chaque pays « pour au fur et à mesure de l’avancée dans le Protocole, pouvoir relever l’ambition et demeurer sur la trajectoire des deux degrés ».
« Ce qui est en germe dans cette communication, c’est le fait qu’on ne vise pas un accord fermé de façon définitive à Paris, c’est au contraire d’engager aussi un mécanisme de révision quinquennal de la trajectoire et des engagements pour y parvenir, » ajoute t-on de source française. Une souplesse inédite, à propos de laquelle l’Allemagne a notamment émis des doutes.
Le coup de main demandé à la France aux autres pays européens est aussi une façon de faire taire les éventuelles critiques au sein du bloc. « Certains pays européens ont des contacts privilégiés avec des pays qui nous intéressent. Nous souhaitons mobiliser toutes les forces diplomatiques disponibles » estime une source proche des négociations.