La France « confiante » que l'enquête de l'UE n'entravera pas ses projets nucléaires
Le gouvernement s'attend à ce que la Commission européenne ouvre une enquête d'ici la fin du mois de mars
PARIS – La France est « confiante » quant au fait que son projet de subventionner six nouveaux réacteurs nucléaires ne sera pas retardé par une enquête à venir sur sa compatibilité avec les règles de concurrence de l’UE, ont déclaré mercredi des responsables gouvernementaux.
Paris prévoit d’injecter des fonds dans son fleuron énergétique national, EDF, pour faire construire ces réacteurs, et s’attend à ce que la Commission européenne ouvre une enquête d’ici la fin du mois de mars, a confirmé une source du gouvernement français à la suite d’articles parus dans les médias évoquant une éventuelle enquête en matière de concurrence.
Le fait qu’EDF contrôle déjà l’ensemble des réacteurs du gigantesque parc nucléaire français « est l’une des préoccupations qui seront naturellement soulevées », a reconnu le responsable lors d’un entretien téléphonique avec des journalistes.
La position officielle, anticipée par un lobbyiste d’EDF sur les réseaux sociaux, est que l’enquête de l’exécutif européen s’inscrit dans la procédure standard dans ce type de cas.
Exemples récents
« Aucun projet nucléaire n’est approuvé en une seule étape, sans enquête », a assuré le responsable, soulignant ce qui s’est déjà produit pour la construction de réacteurs nucléaires en Tchéquie, en Pologne et en Hongrie.
Il a ajouté que Paris et Bruxelles discutaient de ce projet depuis longtemps, et officiellement depuis mai 2025, date à laquelle le gouvernement français a adressé à la Commission une première notification formelle indiquant qu’il envisageait d’accorder une aide d’État pour donner un coup de fouet à ce qui est déjà le plus grand parc nucléaire d’Europe.
Une autre source gouvernementale a indiqué que les discussions entre Paris et la Commission européenne étaient déjà en cours « dans une bonne ambiance », et que Paris estime qu’une décision finale d’investissement sera possible d’ici la fin de l’année, comme prévu.
Le gouvernement souhaite accorder à l’entreprise publique un prêt couvrant 60 % du coût, actuellement estimé à 72,8 milliards d’euros en valeur de 2020. Il a également l’intention de garantir un « prix d’exercice » minimum pour l’électricité produite par les nouveaux réacteurs pendant 40 ans, dans le cadre d’un contrat dit « de différence » (CfD).
(rh)