La feuille de route de l’UE pour faire baisser les prix de l’énergie

Bruxelles devrait proposer la semaine prochaine un plan en quatre piliers qui rompra avec la politique établie pour faire baisser les prix de l’énergie, selon un projet consulté par Euractiv.

EURACTIV.com
Commissioning of the Uckermark line
Pylône haute tension sur la ligne d’Uckermark en Allemagne. [Patrick Pleul/picture alliance via Getty Images]

Bruxelles devrait proposer la semaine prochaine un plan en quatre piliers qui rompra avec la politique établie pour faire baisser les prix de l’énergie, selon un projet consulté par Euractiv.

L’année dernière, l’industrie européenne a payé deux fois plus pour l’électricité que les États-Unis et 50 % de plus que ses concurrents chinois. Pour sauver la base industrielle du continent, la baisse des prix a été identifiée comme une solution clé par Bruxelles.

L’objectif est de « réduire les factures d’énergie à court terme » et de mettre en place des « réformes structurelles permettant de réaliser des économies », tout en évitant de futurs chocs des prix, comme la crise énergétique de 2022, selon le projet.

Les prix de l’électricité, les coûts de réseau et les prélèvements seront au cœur des efforts visant à réduire les coûts pour les consommateurs. La Commission appelle également les gouvernements nationaux à intensifier leurs efforts.

Actuellement, le taux d’imposition minimum absolu dans l’Union européenne (UE) est de 1 € par mégawattheure (MWh) pour les ménages, mais certains États membres, comme l’Allemagne, prélèvent 20 fois ce montant. S’il est urgent de réformer les valeurs minimales, il est tout aussi essentiel d’inciter les pays à renoncer à des recettes et à réduire la charge fiscale.

La Commission compte aussi faire davantage pression sur les permis d’exploitation des énergies renouvelables. « À tous les niveaux [européen, national, régional et local], les autorités doivent faire un effort important », souligne le document.

Les États membres de l’UE devraient rapidement adopter les nouvelles règles de délivrance des permis, tandis que Bruxelles proposera, à partir de 2026, de financer des consultants chargés d’apporter une assistance technique aux bureaucrates dans les capitales nationales.

Les réseaux électriques seront renforcés par un « paquet réseau » attendu au début de l’année prochaine, qui « garantira la planification et la réalisation intégrées de projets transfrontaliers, en particulier sur les interconnexions, rationalisera les procédures d’autorisation, améliorera la planification des réseaux de distribution, stimulera la numérisation et augmentera la visibilité des besoins en matière d’approvisionnement manufacturier ».

Le paquet simplifiera également le cadre paneuropéen de planification et de financement des réseaux, le RTE-E.

L’ambition de longue date de mettre en place un super-réseau européen devrait également contribuer à faire baisser les prix de l’énergie. Cela implique la création d’un autre groupe de travail pour l’« Union de l’énergie », la publication d’un livre blanc sur une intégration plus poussée, et la révision des règles de gouvernance.

Alors que les énergies renouvelables se développent, Bruxelles souhaite également maintenir les prix du gaz aussi bas que possible.

Le gaz restera le « principal facteur de fixation des prix de l’électricité dans les prochaines années », selon une version préliminaire du Plan industriel du Pacte vert pour l’Europe (Clean Industrial Deal), également consultée par Euractiv, et les marchés du gaz doivent donc fonctionner correctement « pour éviter la volatilité des prix et la spéculation ».

À cette fin, un groupe de travail sur le marché du gaz de l’UE, nouvellement créé, examinera le marché du gaz du bloc et prendra des mesures contre les négociants jugés responsables de la hausse illégale des prix. Le cadre juridique anti-manipulation de l’UE, le règlement concernant l’intégrité et la transparence du marché de gros de l’énergie (REMIT), sera à nouveau révisé, en vue d’accorder probablement plus de pouvoirs aux régulateurs.

Cependant, pour éviter que les prix fondamentaux du gaz ne flambent à nouveau, Bruxelles ira plus loin, rompant avec l’orthodoxie du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) et renouant avec les investissements dans les combustibles fossiles.

L’UE et les États membres devraient commencer à investir dans les infrastructures gazières à l’étranger, « en accordant des prêts préférentiels aux investisseurs privés » ou en « obtenant des droits de liquéfaction du gaz » afin de garantir un approvisionnement suffisant en GNL à bas prix, suggère également le document.

(SN)