La dissidente de Die Linke Sahra Wagenknecht en bonne voie pour créer un nouveau groupe au Parlement européen

L’Alliance Sahra Wagenknecht récemment crée pourrait disposer d’un soutien suffisant pour former et diriger un nouveau groupe au Parlement européen après les élections de juin. C’est ce qu’a affirmé la tête de liste du parti, Fabio De Masi, mercredi (24 avril).

/ Euractiv.com
Germany’s new BSW – Reason and Justice party holds congress
Un nouveau groupe politique rassemblant des forces progressistes Socialistes, écologistes et de gauche pourrait voir le jour au Parlement européen, le parti allemand BSW, fondé par la dissidente de Die Linke Sahra Wagenknecht, ayant annoncé avoir obtenu un soutien suffisant de la part d’autres partis pour sa création. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

L’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW) récemment créée pourrait disposer d’un soutien suffisant pour former et diriger un nouveau groupe au Parlement européen après les élections de juin. C’est ce qu’a affirmé la tête de liste du parti, Fabio De Masi, mercredi (24 avril).

Un nouveau groupe politique rassemblant des forces progressistes Socialistes, écologistes et de gauche pourrait voir le jour au Parlement européen, le parti allemand BSW, fondé par la dissidente de Die Linke Sahra Wagenknecht, ayant annoncé avoir obtenu un soutien suffisant de la part d’autres partis pour sa création.

Sahra Wagenknecht avait déjà laissé entendre en février qu’elle souhaitait fonder un nouveau groupe au Parlement européen. Selon les règles internes du l’institution, tout nouveau groupe doit être composé d’au moins 23 eurodéputés issus d’au moins 7 États membres.

« Nous sommes en pourparlers confidentiels et, à l’heure actuelle, nous sommes en mesure de former un nouveau groupe », a indiqué M. De Masi aux journalistes mercredi, lorsqu’il a été interrogé sur l’affiliation future de la BSW au Parlement européen.

Le nouveau groupe serait composé « de forces politiques qui soutiennent l’objectif d’une solution pacifique aux conflits et qui se concentrent sur la justice et d’autres sujets que nous avons présentés aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Selon nos informations, aucun accord formel n’a encore été signé. En outre, la formation du groupe dépendra des résultats des élections de juin, pour lesquelles le parti est actuellement bien placé dans les sondages, dépassant Die Linke.

Le parti pourrait même devenir une délégation importante parmi les forces progressistes, remportant jusqu’à sept sièges, selon les dernières projections d’Europe Elects pour Euractiv.

La défection de certains membres du principal groupe de gauche en Allemagne, Die Linke (La Gauche européenne, GUE/NGL), menée par Mme Wagenknecht, en novembre, résultait de divergences idéologiques.

En effet, Mme Wagenknecht s’était auparavant qualifiée de « conservatrice de gauche ».

Pas d’alliance avec la droite

En ce qui concerne l’orientation future du parti, M. De Masi a confié à Euractiv que la BSW ne s’allierait à aucune force de droite.

Les nouveaux collaborateurs, qui n’ont pas encore été nommés, sont « importants » dans leurs États membres, et tout aussi « engagés dans la diplomatie et la résolution des conflits », ainsi que « dans la protection des employés et des petites et moyennes entreprises », a-t-il expliqué à Euractiv.

M. De Masi a également rejeté le qualificatif de gauche, affirmant que « l’étiquette “gauche” n’est plus associée aux points focaux que nous avons présentés », à savoir la représentation des intérêts de « la majorité de la population » contre « les intérêts d’une petite minorité d’actionnaires et de propriétaires d’usines ».

Ce changement ouvre la porte à des forces au-delà des partis de gauche traditionnelle du groupe La Gauche, comme les délégations insatisfaites des Verts/ALE et des Socialistes et Démocrates (S&D).

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) italien, qui n’est affilié à aucun groupe au Parlement européen, est aligné sur la BSW dans son objectif d’arrêter les livraisons d’armes à l’Ukraine pour parvenir à la « paix » dans le conflit. Le parti italien s’est par ailleurs dit prêt à négocier avec les groupes des Socialistes, des Verts et de La Gauche.

Tiziana Beghin, cheffe de la délégation M5S au Parlement, a déclaré à Euractiv : « Notre campagne se concentrera sur la paix en Ukraine, une Europe plus juste et plus sociale, et une transition écologique qui ne laissera personne de côté — nous chercherons des points de rencontre sur ces sujets avec d’autres forces politiques au sein du prochain Parlement européen ».

« Notre objectif est de rejoindre un groupe progressiste et pro-européen au cours de la prochaine législature », a ajouté Mme Beghin.

Il reste à voir quelles délégations du groupe de La Gauche rejoindront le nouveau groupe de Mme Wagenknecht.

Un porte-parole du groupe français de gauche radicale La France Insoumise (LFI) au sein de l’hémicycle européen a indiqué à Euractiv qu’aucune discussion sur de tels projets n’avait eu lieu.

Die Linke, n’a pas répondu à notre demande de commentaires au moment de la publication de cet article.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]