La défense européenne ne doit pas être indépendante de celle des États-Unis, estime Mark Rutte
Les alliés européens attendent la révision de la stratégie militaire de Washington, qui devrait transférer des ressources de l'Europe vers l'étranger
Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a vendredi expliqué que les pays européens de l’Alliance pouvaient encore compter sur les États-Unis, rejetant l’hypothèse que l’Europe assume seule sa défense.
Ces remarques font suite à la publication par l’administration Trump d’une stratégie de sécurité nationale appelant les alliés à « partager le fardeau » et à assumer la « responsabilité principale » de la sécurité du continent et alors que des interrogations sont apparues sur la stratégie militaire à long terme des États-Unis, depuis le retour de Donald Trump.
L’Europe devrait dépenser davantage pour sa sécurité, mais aux côtés des États-Unis, a déclaré Mark Rutte dans une interview accordée à l’agence allemande DPA. « Je suis absolument convaincu que les États-Unis soutiennent pleinement l’OTAN. Il n’y a aucun doute à ce sujet », a expliqué Mark Rutte.
En juin, les dirigeants de l’OTAN se sont engagés à porter leurs dépenses militaires à 3,5 % de leur PIB, d’autres dépenses liées à la défense à 1,5 %.
À ce jour, seules la Pologne et la Lituanie dépassent les 4 %. Plus de la moitié des pays de l’OTAN se situent autour des 2 %, selon les estimations de l’OTAN.
Mark Rutte a jusqu’à présent insisté sur le fait que Washington resterait engagé sur le continent, malgré le redéploiement annoncé en octobre dernier d’une brigade de combat de la Roumanie vers les États-Unis.
Ce mouvement est cependant considérée comme la première étape concrète du recul attendu de la présence militaire américaine en Europe.
Ses propos interviennent également au moment où les alliés européens attendent le prochain Global Posture Review des États-Unis, qui devrait transférer des ressources de l’Europe vers la région indo-pacifique. Les États-Unis ont également interrompu leur soutien militaire à l’Ukraine depuis le mois de mars, laissant les Européens combler les lacunes.