La décision de scinder les marchés de l’électricité en France et en Allemagne est reportée à la dernière minute
Une recommandation controversée sur la possibilité et la manière de diviser les marchés de l’électricité allemand et français a été reportée.
Une recommandation controversée sur la possibilité et la manière de diviser les marchés de l’électricité allemand et français a été reportée.
Le réseau européen des gestionnaires de transport d’électricité Entso-E a confirmé à Euractiv que la position, qui fait l’objet de discussions entre les gestionnaires de réseau d’Europe centrale et qui devait initialement être publiée lundi prochain, est désormais « prévue pour le printemps 2025 », comme l’a d’abord rapporté Table Media.
Pour l’instant, ce retard permet d’éviter un conflit entre les pays d’Europe centrale, de plus en plus affectés par le fonctionnement des réseaux électriques de leurs voisins.
Le retard de dernière minute est dû à « un dialogue avec la Commission européenne concernant la portée de l’étude sur la zone d’appel d’offres », a déclaré Entso-E.
Les gestionnaires de réseau devaient initialement rédiger le rapport à l’automne 2022, avec une publication prévue pour le troisième trimestre 2024, puis le 27 janvier.
Le délai dans la prise de décision reflète la sensibilité politique de la question.
La France, dont le système électrique est très centralisé, résiste à l’idée de diviser ses marchés de l’électricité. Du côté de l’Allemagne, le sud du pays, gourmand en électricité et pauvre en éoliennes, craint de devoir payer un supplément pour l’énergie éolienne provenant du nord.
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Une zone, un prix
Les marchés de l’électricité en Europe sont censés refléter la capacité physique du réseau à transporter l’électricité. Dans les zones géographiques où l’électricité peut circuler librement, les règles de l’Union européenne (UE) prévoient un prix unique pour l’électricité.
Or, en 2022, l’Agence de l’UE pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER), l’autorité européenne de régulation de l’énergie, a constaté que ce n’était pas le cas pour la France et l’Allemagne, et que les flux d’électricité en Europe centrale s’en trouvaient faussés.
Contrairement à d’autres pays de l’UE, comme la Suède et l’Italie, où les prix de l’électricité varient selon les régions en fonction de la capacité du réseau, les plus grands pays de l’UE n’ont qu’un seul prix de l’électricité.
Cette situation a entraîné d’importants flux d’électricité à l’intérieur des pays, débordant parfois sur les réseaux des pays voisins et provoquant des perturbations. Des zones de tarification régionales plus petites, plutôt que des zones nationales plus vastes, devraient résoudre ce problème.
16 gestionnaires de réseau de 12 États membres de l’UE, de la France à la Slovénie en passant par la Pologne, formuleront une recommandation sur l’opportunité de scinder les marchés français et allemand, avant que les États membres de l’UE concernés ne donnent leur accord à l’unanimité, la décision finale revenant à la Commission européenne.