La CSU met en garde contre la réduction des fonds de cohésion avant le sommet des ministres des finances de l'UE

À la veille d’une discussion sur l’avenir de la politique de cohésion avec le ministre allemand des Finances Christian Lindner (FDP/Renew) à Bruxelles lundi (15 juillet), le parti bavarois de centre droit CSU (PPE) a mis en garde contre la centralisation des fonds.

Euractiv.com
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Représentation bavaroise à Berlin [[Roman Babakin/shutterstock]]

À la veille d’une discussion sur l’avenir de la politique de cohésion avec le ministre allemand des Finances Christian Lindner (FDP/Renew) à Bruxelles lundi (15 juillet), le parti bavarois de centre droit CSU (PPE) met en garde contre la centralisation des fonds — telle qu’envisagée par la Commission européenne — ou leur réduction — telle que souhaitée par Berlin.

Les avertissements de la CSU arrivent à point nommé, alors que les ministres des Finances de l’Union européenne arrivent à Bruxelles lundi (15 juillet) pour deux jours de discussions sur les questions budgétaires épineuses, dont les questions persistantes sur les fonds de relance post-pandémie et sur la coordination des politiques fiscales et économiques entre les 27 États membres.

Juste après le premier tour de discussions entre les ministres de la zone euro dans l’après-midi, M. Lindner se rendra à un événement au cours duquel les responsables de la politique de cohésion et du budget de la Commission, Elisa Ferreira et Johannes Hahn, présenteront un rapport sur « l’avenir de la politique de cohésion 2028-2034 du point de vue de la politique budgétaire ».

Le débat sur l’avenir de la politique de cohésion s’intensifie, car les bénéficiaires actuels — y compris les riches régions industrielles telles que la Bavière et le Bade-Wurtemberg (qui accueillera l’événement dans son bureau de Bruxelles) — craignent de perdre leur financement dans un contexte où les appels à la réforme se font de plus en plus nombreux.

« Le message, surtout après les élections européennes, doit être le suivant : “Dans l’UE, nous ne laissons personne de côté — aucun village, aucune ville, aucune région” », a déclaré Christian Doleschal, un eurodéputé du parti bavarois CSU (PPE), dans un communiqué vendredi (12 juillet).

« Dans ce contexte, je trouve extrêmement inquiétant que la Commission européenne envisage visiblement de centraliser la politique de cohésion et d’affaiblir par conséquent la perspective régionale », a-t-il ajouté.

La politique de cohésion, qui comprend un fond pour le développement régional, le Fonds social européen (FSE+) et un soutien plus ciblé pour les régions les plus pauvres de l’UE, représente environ un tiers du budget total de l’UE, soit 392 milliards d’euros dans le budget actuel sur sept ans (2021-2027).

Les projets de la Commission visant à « centraliser » la politique de cohésion — à savoir réduire l’implication des gouvernements régionaux, en suivant le modèle de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) post-Covid — ont notamment suscité de vives critiques de la part du Comité des régions (CdR) de l’UE, qui représente les autorités locales.

Le président du Comité des régions, Vasco Alves Cordeiro, a averti dans un entretien avec Euractiv en juin qu’un tel plan « tuerait la politique de cohésion et, en fin de compte […] le projet européen ».

M. Doleschal a également mis en garde contre les « réductions de financement » de l’UE, soutenues par Berlin, car certains craignent que les décideurs politiques ne favorisent un changement des priorités de dépenses pour la prochaine période budgétaire — telles que la défense et la compétitivité — au détriment des « fonds structurels » que l’Union consacre à la politique agricole et à la politique de cohésion.

Alors que la commissaire Ferreira a averti en juin que toute nouvelle priorité de dépense de l’UE ne devrait pas réduire le budget de cohésion, il y a eu un appui accru pour la réévaluation de l’efficacité des dépenses du budget de l’UE.

Le ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck (Verts), a prévenu au début du mois (3 juillet) que les moyens de la politique cohésion allaient se « raréfier ».

Interrogé lors d’une conférence de presse sur la question de savoir si les fonds de cohésion devaient continuer à être versés à des régions riches comme la Bavière, M. Habeck a déclaré : « Lorsqu’il s’agit d’égaliser le niveau des conditions de vie, il est logique de se demander si les fonds sont toujours dépensés de manière suffisamment judicieuse, si les conditions de vie sont déjà égalisées ».

Le soutien financier devrait être « plus précis et plus ciblé », a-t-il ajouté.

Ne plus soutenir les régions riches par l’intermédiaire du Fonds européen de développement régional (FEDER) et du Fonds social européen (FSE) — les deux plus importants volets de la politique de cohésion — est l’une des principales recommandations du centre de réflexion Jacques Delors, basé à Berlin, dans un récent rapport sur la politique de cohésion.