La crise néerlandaise remet en cause les stratégies avancées pour la zone euro
Le gouvernement néerlandais est à son tour victime de la vague d’austérité imposée par l’UE. Hier (23 avril), le premier ministre libéral, Mark Rutte, a présenté sa démission à la reine Béatrix. La situation des Pays-Bas, un pays de la zone euro qui a conservé sa notation triple A mais tend à devenir la proie des marchés, remet en cause les mérites du pacte budgétaire, selon les experts.
Le gouvernement néerlandais est à son tour victime de la vague d’austérité imposée par l’UE. Hier (23 avril), le premier ministre libéral, Mark Rutte, a présenté sa démission à la reine Béatrix. La situation des Pays-Bas, un pays de la zone euro qui a conservé sa notation triple A mais tend à devenir la proie des marchés, remet en cause les mérites du pacte budgétaire, selon les experts.
M. Rutte a perdu le soutien du Parti pour la liberté (PVV) d'extrême droite dirigé par Geert Wilders sur la question des coupes budgétaires supplémentaires d'un montant de 9,5 milliards d'euros, nécessaires pour rester en-deçà du seuil de déficit défini par l'Europe.
Au sein d'un gouvernement intérimaire, M. Rutte devra gérer les affaires courantes jusqu'à l'organisation d'élections et présenter un budget pour 2013.
Le parlement néerlandais peine cependant à définir une date pour la tenue d'élections anticipées. M. Rutte se présentera devant le parlement aujourd'hui pour débattre sur l'imposition de mesures d'austérité et sur la date des élections.
Perte de la note triple A ?
Les Pays-Bas espèrent lever 2,5 milliards d'euros lors de l'adjudication des obligations à deux et 25 ans aujourd'hui, a rapporté Reuters. Cette vente devrait avoir un certain succès, dans la mesure où il s'agira de la dernière émission d'obligations à long terme prévue cette année. Les coûts de l'emprunt pourraient toutefois monter en flèche, alors que les investisseurs réclament des primes plus élevées.
Nombreux sont ceux qui craignent que les Pays-Bas perdent leur notation triple A. Ajoutant de l'eau au moulin des plus sceptiques quant à la santé économique du pays, l'agence Moody's a déclaré hier que la chute du gouvernement aurait des effets négatifs, mais elle a tout de même décidé de conserver la notation du pays.
Moody's a affirmé que si le pays revenait sur ses engagements en matière de discipline budgétaire, sa notation pourrait être revue à la baisse.
,L'agence de presse Bloomberg a souligné dans un article que la chute du gouvernement néerlandais avait mis en exergue la « folie » du pacte budgétaire promu par la chancelière allemande, Angela Merkel.
Les problèmes financiers de l'Europe refont surface et la cause en est le pacte budgétaire qui, au lieu de restaurer la stabilité, donne des résultats opposés, ont expliqué les journalistes de Bloomberg.
Comble de l'ironie, M. Rutte a apporté son concours à Mme Merkel pour convaincre les pays surendettés du sud de l'UE d'adopter le traité. Aujourd'hui, il fait partie de la demi-douzaine de dirigeants qui en paient les conséquences, peut-on encore lire dans cet article.
L'Espagne n'est pas encore tirée d'affaire et la seule solution semble aujourd'hui être de mutualiser les risques avec l'introduction d'euro-obligations ou d'autres mécanismes d'emprunt collectif. Mme Merkel demeure vivement opposée à cette idée, mais l'alternative serait l'isolement de l'Allemagne et l'effondrement de certains pays de la zone euro.
« Dans tous les cas, l'Allemagne paye, mais dans le second scénario, elle paye encore plus », a conclu Bloomberg.