La crise n’est pas terminée, selon l’OFCE

Dans son dernier rapport sur les perspectives 2010-2011 sur l’économie mondiale, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) plaide pour une politique de relance budgétaire expansionniste.

EURACTIV.fr

Dans son dernier rapport sur les perspectives 2010-2011 sur l’économie mondiale, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) plaide pour une politique de relance budgétaire expansionniste.

La reprise de la croissance en 2009 ne « doit pas créer l’illusion » que la crise est terminée. C’est la principale conclusion d’un rapport de l’OFCE, publié le 22 octobre 2010. Selon le texte, les plans de soutien au secteur financier et les plans de relance mis en place par les États ont permis de limiter les dégâts. Mais ils ont entrainé un « creusement prononcé des déficits dans tous les pays », précise le texte.

Cependant, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Le Japon, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni ont été particulièrement touchés par la crise. De leur côté, les États-Unis, la France et l’Allemagne s’en sortent un petit peu mieux, indique le rapport. Même si leur situation reste fragile.

Face à l’aggravation des déficits budgétaires, de nombreux pays ont engagé des politiques de rigueur économique. « Elles réduisent le déficit public mais le freinage dans l’activité qu’elles induisent limite le gain espéré », estime l’OFCE. Ce choix économique et politique pourrait entrainer les États dans une spirale déflationniste, alerte le centre de recherche. Or, celle-ci risque de conduire « l’économie mondiale dans une récession durable ».

Pour éviter une telle situation, l’OFCE préconise notamment de mener une « politique budgétaire globalement expansionniste » et de stabiliser les taux de change.

Augmentation du chômage en 2011

La France, comme les autres États européens, a été secouée par la crise. A la suite de la chute de la demande, les stocks des entreprises ont fortement augmenté. La production a ainsi connu un fort ralentissement. Les plans de relance et le soutien de la Banque centrale européenne (BCE) ont cependant évité à l’Hexagone de tomber dans une « grande dépression ».

Mais l’arrêt des politiques de relance mises en place en 2009 risque d’affecter le pays. Les restrictions budgétaires prévues pour 2011 pourraient infléchir «les anticipations de croissance futures, ce qui pèsera en retour sur les finances publiques », explique le texte. Et le déficit public devrait s’établir a 7,7% du PIB en 2010 et 6,4 en 2011. En 2009, ce chiffre s’élevait à 7,5%.

Autre conséquence de ces mesures économiques et politiques  : la persistance d’un taux de chômage élevé, qui devrait passer de 9,4% fin 2010 à 9,7% fin 2011. La situation de l’emploi risque par ailleurs de bloquer les autres leviers de croissance comme le recours au crédit et la consommation des ménages, ajoute l’OFCE. Une faible demande qui n’incitera pas non plus les entreprises à investir.