La crise migratoire fait les affaires de la droite populiste en Suisse

Le parti anti-immigration suisse a remporté la majorité des voix au terme d’une campagne dominée par la crise des réfugiés, à l'issue des élections fédérales du 18 octobre. 

EURACTIV France avec Reuters
Roger Koeppel, nouvel élu de l’UDC.
Roger Koeppel, nouvel élu de l'UDC. [<a href="http://pictures.reuters.com/archive/SWISS-ELECTION--GF10000250009.html" target="_blank" rel="noopener">[REUTERS/Arnd Wiegmann]</a>]

Le parti anti-immigration suisse a remporté la majorité des voix au terme d’une campagne dominée par la crise des réfugiés, à l’issue des élections fédérales du 18 octobre. 

L’Union démocratique du centre (UDC), parti de la droite anti-immigration, a remporté les élections fédérales de dimanche 18 octobre en Suisse, confortant sa place de premier parti politique du pays.

Selon un décompte définitif diffusé par la Radio Télévision Suisse (RTS), l’UDC a remporté 29,4 % des suffrages, soit plus que ce que prédisaient les sondages. Lors des dernières élections, l’UDC avait déjà récolté 26,6 % des voix.

Après l’avancée de l’UDC, couplé à celle du Parti libéral-radical (PLR), favorable aux milieux d’affaires, les commentateurs évoquaient lundi matin un « Rechtsrutsch », un glissement vers la droite du paysage politique suisse.

La campagne électorale a été dominée par le thème de l’immigration en Europe face à l’afflux de réfugiés en provenance du Proche-Orient et d’Afrique du Nord. « Le vote a été clair », a déclaré le président de l’UDC Toni Brunner à la télévision. « Les gens s’inquiètent de l’immigration de masse en Europe ».

Selon la RTS, l’UDC gagnerait onze sièges pour totaliser 65 élus au Conseil national, la chambre basse du Parlement qui compte 200 élus. Le Parti socialiste finit deuxième avec une légère hausse de 0,1 point de son pourcentage de voix (18,9 %), mais perdrait trois sièges, à 43. Le PLR, troisième parti du pays derrière le Parti socialiste, en gagnerait trois, avec 33 élus.

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Les Suisses changeraient-ils d’avis sur l’immigration européenne ?

Le système de démocratie directe, qui permet aux Suisses de se prononcer lors de « votations » (référendums populaires) sur les grandes questions politiques, quelle que soit la composition de l’Assemblée fédérale (parlement), tend cependant à réduire l’importance du scrutin.

Il y a vingt mois, en février 2014, les électeurs suisses ont voté à une courte majorité une « initiative » soutenue par l’UDC en faveur de la réintroduction de quotas d’immigration avec l’Union européenne. Ce résultat oblige le gouvernement à transformer cette initiative en loi dans un délai de trois ans.

Le parti de droite ne compte à l’heure actuelle qu’un ministre au sein du Conseil fédéral, le gouvernement helvétique, celui de la Défense, de la Protection de la population et des Sports, Ueli Maurer. L’UDC aimerait y avoir un deuxième représentant.

« Je demande solennellement que les trois plus grands partis aient chacun deux sièges et que le quatrième en ait un », a déclaré Toni Brunner.

Malgré sa victoire annoncée, les spécialistes jugent peu probable que l’UDC soit en mesure de chasser du ministère des Finances Eveline Widmer-Schlumpf.

Au Conseil des Etats (chambre haute), qui compte 46 membres, un second tour aura lieu dans 19 circonscriptions. L’UDC, qui n’y est que la quatrième force, devrait se contenter de conserver ses cinq sièges. Le Parti socialiste devrait en perdre cinq pour tomber à six. L’Assemblée fédérale choisira en décembre les sept membres du Conseil fédéral.

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