La crise grecque s’invite au Conseil européen
Réunis à Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement des 27 pourraient tenter de trouver une solution pour aider la Grèce. Ils se pencheront également sur la future stratégie UE 2020.
Réunis à Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement des 27 pourraient tenter de trouver une solution pour aider la Grèce. Ils se pencheront également sur la future stratégie UE 2020.
Si la Grèce n’est pas officiellement au menu du Conseil européen, elle sera néanmoins dans toutes les têtes. Nicolas Sarkozy et son homologue espagnol, José Luis Zapatero ont à ce propos demandé, mardi 23 mars, la tenue d’une réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’Eurogroupe avant le sommet des 25 et 26 mars à Bruxelles. Il pourrait avoir lieu jeudi soir, juste avant le Conseil européen, si les négociations ont suffisamment avancés. Le but est de trouver un accord sur les modalités d’aide à la Grèce et, au-delà, de démontrer la capacité de la zone euro à faire bloc. La conclusion d’un accord se fait d’autant plus pressante que l’agence de notation Fitch a abaissé le 24 mars la note de crédit long terme du Portugal de « AA » à « AA-. » Une incertitude sur la tenue de cette réunion régnait cependant encore mercredi soir.
Cette semaine, l’Allemagne a laissé entendre qu’elle serait susceptible d’accepter en dernier ressort une aide financière européenne pour la Grèce, mais seulement si le FMI était impliqué et si les partenaires de la zone euro acceptaient conjointement des règles de discipline budgétaire plus sévères.
Des diplomates européens ont déclaré que la France et l’Allemagne travaillaient à une position commune pour aider Athènes dans la perspective du sommet, notamment sur le rôle qu’aura à jouer le FMI. Ce compromis pourrait donc reposer sur une aide mixte du FMI et des Européens.
A l’ordre du jour du Conseil européen, dont EURACTIV a obtenu une partie du projet de conclusions, la question du gouvernement économique européen. Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a annoncé qu’il était temps d’agir pour lutter contre l’augmentation des déficits et la perte de compétitivité. Il demande aux États membres de réfléchir sur l’intensification de la surveillance budgétaire pour que les écarts de compétitivité soient plus rapidement détectés. En parallèle, le ministre britannique des Finances Alistair Darling a prévenu, dans son budget présenté le 24 mars, qui précède de quelques semaines les élections législatives, que le programme de dépenses publiques à partir de 2011 serait « le plus drastique depuis des décennies. »
De son côté, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a fait en conseil des ministres, à Paris, le même jour, une communication sur la gouvernance économique européenne. Après la mise en oeuvre du traité de Lisbonne, la ministre a appelé à « une amélioration substantielle de la gouvernance économique au sein de l’Union européenne ». A court terme pour sortir de la crise, et à plus long terme pour mettre en oeuvre la stratégie de croissance de l’UE pour les 10 ans à venir, Mme Lagarde estime que le Conseil européen « doit avoir la responsabilité première de définir, d’impulser et de piloter cette nouvelle stratégie. »
A ce titre, Herman Van Rompuy avait proposé, le 11 février, une rencontre mensuelle des chefs d’État et de gouvernement des 27 sur l’économie à partir de 2011. La France ne serait cependant pas favorable à ce projet et privilégierait un sommet annuel sur ce thème.
Les 27 examineront également le projet UE 2020 dont la Commission européenne a présenté les grandes lignes le 3 mars dernier. Ils devront approuver le cadre général de ce document, ainsi qu’arrêter le nombre limité d’objectifs quantitatifs selon lesquels sera décliné UE 2020. Lors du sommet du 11 février, les dirigeants européens avaient largement approuvé un document du président du Conseil européen, qui appelait à une mise en œuvre plus rigoureuse et à un contrôle des procédures de la nouvelle stratégie. Des objectifs nationaux conformes aux objectifs européens seront établis par chaque État et examinés lors du prochain Conseil européen.
Les chefs d’État et de Gouvernement évalueront enfin l’état des travaux sur le suivi de la conférence de Copenhague et prépareront l’agenda du prochain sommet du G20 prévu en juin 2010.