La crise grecque pourrait avoir un impact négatif dans les Balkans

Les conséquences de la crise grecque pourraient se ressentir dans les Balkans car la région est dépendante des investissements et des banques du pays.

EURACTIV.fr

Les conséquences de la crise grecque pourraient se ressentir dans les Balkans car la région est dépendante des investissements et des banques du pays.

La Grèce est l’un des moteurs économiques les plus importants de l’Europe du sud-est. La crise qui la frappe pourrait donc avoir un impact négatif sur les pays de la région, alors que la Serbie et la Roumanie ont été durement touchées par la crise en 2009, entraînant l’intervention du FMI.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) s’est inquiétée de cette situation le 5 mars 2010 par l’intermédiaire de l’économiste Peter Sanfey. Il a souligné dans une interview que de nombreuses banques et entreprises grecques étaient très actives dans les Balkans à l’instar de Alpha Bank, la Banque du Pirée, la Banque nationale de Grèce, EFG Eurobank et Emporiki.

Outre les banques, les investissements directs à l’étranger pourraient être un autre vecteur de propagation de la crise. Le directeur des études de marché à l’Autorité de la concurrence d’Albanie, Patjim Melani, déclarait à Balkan insight que les mesures d’austérité prises par la Grèce « toucheront tous les Balkans car la Grèce est le centre de gravité de la stabilité financière, économique et sociale de la région ». En effet, elle investit beaucoup chez ses voisins.

Cependant, tous les pays ne seraient pas touchés de façon égale. Selon Peter Sanfey, l’Albanie pourrait être particulièrement pénalisée car, selon les chiffres rapportés par Presseurop, 50% du secteur financier est contrôlé par les banques helléniques. A noter également que la forte diaspora albanaise en Grèce participe à la vitalité de l’économie albanaise par l’envoi massif d’argent dans le pays. L’augmentation du chômage en Grèce pourrait réduire ce flux.

Dans une moindre mesure, le secteur bancaire serbe est également dépendant de la santé des banques grecques. Elles contrôlent 15% du secteur bancaire. En cas d’instabilité des banques grecques l’activité de crédit et la stabilité des systèmes bancaires de ces pays peuvent être menacées. Un problème déjà apparu en 2008, quand la Grèce avait demandé à ses banques installées sur place de n’accorder des prêts dans ces régions qu’à hauteur de leurs dépôts locaux.

En Bulgarie, le ministre des finances Simeon Dyankov s’est inquiété début mars du fait que les « banques grecques représentent 30% du système bancaire en termes de crédit », selon les propos rapportés par Radio Bulgaria. Néanmoins, le gouverneur de la banque centrale bulgare Ivan Iskrov a déclaré n’avoir pas constaté de retraits de liquidités. Quant aux IDE grecs en Bulgarie, ils ont chuté à 48,5 millions d’euros l’an dernier, contre 400 millions d’euros en 2008, ramenant la part des investissements grecs dans ce pays de 7% à 2%.

A noter toutefois que les problèmes grecs semblent n’avoir eu pour le moment que des conséquences limitées sur les pays voisins, selon Eliane Mossé, chercheuse à l’IFRI. La situation économique de plusieurs pays de la région est bonne. L’Albanie a connu une croissance de 3% en 2009 et la Macédoine de 0,5%.