La crise du coût de la vie entraînera des troubles sociaux en Europe, selon un sondage

Un nouveau sondage a révélé l’ampleur de la crise du coût de la vie à laquelle sont confrontés les Européens. Une majorité d’électeurs des quatre plus grands pays d’Europe s’attendent à des perturbations sociales. 

EURACTIV.com
L’ampleur de la crise du coût de la vie à laquelle les Européens font face a été révélée par un nouveau sondage indiquant qu’une majorité d’électeurs dans les quatre plus grands pays d’Europe s’attendent à des troubles sociaux et à des manifestations dans le mois à venir.

Un nouveau sondage a révélé l’ampleur de la crise du coût de la vie à laquelle sont confrontés les Européens. Une majorité d’électeurs des quatre plus grands pays d’Europe s’attendent à des perturbations sociales et à des manifestations dans le mois à venir.

Le sondage, publié par More in Common vendredi (2 septembre), a été réalisé par YouGov, qui a interrogé plus de 7  000 personnes en France, en Allemagne, en Pologne et au Royaume-Uni. Au Royaume-Uni et en Pologne, plus de 70 % affirment que le coût de la vie est désormais le problème majeur auquel leur pays est confronté.

La crise devrait également entraîner une augmentation du nombre de foyers vivant sous le seuil de pauvreté.

En France et en Pologne, seule une personne sur 20 déclare bien supporter la hausse des prix, contre une sur cinq au Royaume-Uni et en Allemagne.

Une personne sur cinq au Royaume-Uni, en France et en Pologne déclare utiliser ses économies pour aider à payer ses factures et une sur dix saute des repas, selon le sondage.

Une majorité de personnes dans les quatre pays ont indiqué qu’elles étaient préoccupées par de possibles troubles sociaux, variant de 57 % au Royaume-Uni à 75 % en Pologne. En France, quatre personnes sur 10 ont déclaré qu’elles souhaiteraient voir le retour des Gilets jaunes, un mouvement de protestation qui a émergé en 2018 principalement en réaction à la hausse des coûts du carburant.

Dans le sillage des sanctions économiques et politiques imposées à la suite de son invasion de l’Ukraine en février, la Russie a décidé de réduire considérablement ses livraisons de gaz à l’Europe, provoquant une flambée importante des prix de l’énergie.

Le Royaume-Uni aura un nouveau Premier ministre lundi prochain (5 septembre), la ministre des Affaires étrangères Liz Truss étant la grande favorite pour remplacer Boris Johnson. Le gouvernement a déjà proposé une subvention de 400 £ pour les factures d’électricité, répartie sur six mois à partir de septembre. Cependant, Mme Truss, ou son rival Rishi Sunak, seront immédiatement sous pression pour présenter de nouvelles mesures de soutien public.

Les trois politiques publiques les plus populaires que les gouvernements devraient introduire sont une réduction de la TVA, des plafonds de prix sur les factures d’énergie et de nouvelles mesures pour rendre les transport en commun moins coûteux ou gratuits. Au Royaume-Uni, plus de 85 % des personnes interrogées ont soutenu ces trois politiques.

Les électeurs souhaitent également que des impôts soient prélevés sur les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises énergétiques. 85 % soutiennent cette politique au Royaume-Uni, tandis que trois personnes sur quatre la soutiennent en France et en Allemagne.

La réponse du gouvernement à la crise suscite également un vaste mécontentement. En Pologne, les électeurs rejettent la plus grande partie de la responsabilité sur leur propre gouvernement, tandis que les électeurs britanniques critiquent surtout les entreprises d’énergie et d’électricité. En France et en Allemagne, la Russie est la principale source de blâme.

En France, le parti d’extrême droite du Rassemblement national (RN) est le parti auquel les gens font le plus confiance en ce qui concerne le coût de la vie.

De nombreux pays de l’UE ont réexaminé leur bouquet énergétique au cours des derniers mois, certains envisageant d’augmenter l’exploitation du pétrole et du gaz. Cela a suscité des inquiétudes quant au fait que certains pays chercheront à retarder les engagements pris pour réduire les émissions climatiques lors du sommet COP27 en Égypte en novembre.

Ce serait une erreur, selon le sondage, qui révèle que près de deux tiers des personnes, tous pays confondus, imputent la hausse actuelle des factures d’énergie en partie à la lenteur de leur gouvernement à investir dans les énergies renouvelables, et ne croient pas que les gouvernements doivent retarder leurs engagements dans la lutte contre le changement climatique.

En France, en Allemagne et au Royaume-Uni, la prédominance du réchauffement climatique est restée stable, voire a augmenté, malgré la crise du coût de la vie et les politiques vertes sont largement considérées comme un élément clé de la solution à la crise actuelle.

Partout, les majorités reconnaissent que retarder nos engagements en matière de lutte contre le dérèglement climatique ne ferait qu’augmenter les factures énergétiques à moyen et long terme.