La crise assombrit les vacances des dirigeants européens

Les dirigeants des locomotives de l'Europe, l'Allemagne et la France, s'entretiendront sur la crise aujourd'hui (5 août) alors que la dégringolade des marchés trahit la crainte des investisseurs que la crise de la dette en Europe ne soit plus sous contrôle et que la relance économique américaine ne stagne.

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Les dirigeants des locomotives de l'Europe, l'Allemagne et la France, s'entretiendront sur la crise aujourd'hui (5 août) alors que la dégringolade des marchés trahit la crainte des investisseurs que la crise de la dette en Europe ne soit plus sous contrôle et que la relance économique américaine ne stagne.

Malgré la crise, de nombreux dirigeants européens sont toujours en vacances. Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a quant a lui mis un terme aux siennes pour revenir à Bruxelles où il prévoit de donner une conférence de presse aujourd'hui (5 août).

Le président français, Nicolas Sarkozy, discutera des marchés financiers avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, a fait savoir l'Elysée dans un communiqué.

La chute des bourses est survenue après que la Banque centrale européenne a refusé un rachat de la dette espagnole et italienne, alors que leur rendement obligataire a atteint plus de 6 %, leur plus haut niveau depuis l'introduction de l'euro il y a une dizaine d'années.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a déclaré qu'il n'existait pas de soutien unanime au sein de la banque centrale pour une action immédiate étant donné les profondes divisions en Europe sur la manière de gérer la crise de la dette qui a forcé la Grèce, l'Irlande et le Portugal à demander des renflouements, a rapporté Reuters.

Les investisseurs craignent que l'Italie et l'Espagne, troisième et quatrième économies de la zone euro, ne soient les prochaines sur la liste.

M. Sarkozy a affirmé que la France, l'Allemagne et l'Espagne s'étaient entretenues avec M. Trichet.

Les investisseurs espéraient que la BCE inclurait la dette espagnole et italienne dans son programme de rachat d'obligations, mais elle s'est limitée au rachat de titres irlandais et portugais.

Plus seulement la crise de la périphérie

Hier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a envoyé une lettre peu ordinaire aux leaders de la zone euro, leur demandant une réévaluation des capacités du Fonds européen de stabilité financière (FESF) que l'UE a mis sur pied en mai 2010 à l'apogée de la crise grecque ainsi que du MES, son extension qui sera entérinée dans les traités de l'UE. En mars dernier, les dirigeants ont décidé que le MES disposerait de 700 milliards d'euros pour protéger les pays de la zone euro de futures crises de la dette.

« Il est clair que nous ne sommes plus dans la gestion d'une crise limitée uniquement à la périphérie de la zone euro », a écrit M. Barroso. Sans nommer l'Italie ou l'Espagne, il a demandé « une rapide réévaluation des éléments relatifs » au FESF « et au mécanisme appelé à lui succéder, afin de s'assurer qu'ils sont proprement équipés pour gérer des risques de contagion ».

M. Barroso a également déploré la « communication indisciplinée » des leaders de l'UE ainsi que la « complexité et le caractère incomplet » des mesures adoptées le 21 juillet dernier lors du sommet de la zone euro qu'il avait personnellement qualifiées d'avancées majeures à l'époque.

Problèmes aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, un même sentiment de paralysie politique règne.

Quelques jours à peine après une lutte acharnée qui a mené à un accord de dernière minute voué à remonter le plafond de la dette américaine et éviter un défaut de paiement au pays, beaucoup commencent à déchanter alors qu'ils se rendent compte que le plan de réduction du déficit de 2 100 milliards de dollars n'aura un effet que sur le court terme et n'est pas totalement au point.

Les marchés doutent que le Congrès continue à mettre en œuvre les mesures après les élections de novembre 2012.

Ceci, combiné à de pauvres données économiques, fait craindre des temps encore plus difficiles. Lawrence Summers, éminent conseiller du président américain jusqu'à l'année dernière, a écrit pour Reuters qu'il y avait une chance sur trois pour que les Etats-Unis entrent en récession.

Le taux de chômage américain, qui devrait être révélé vendredi soir, sera crucial pour déterminer l'humeur des marchés. On prévoit 85 000 emplois de plus en juillet, mais un nombre moins élevé, voire une contraction, alimenterait les craintes d'une récession américaine.

De nombreux économistes affirment que les chances que le Congrès adopte une autre série de stimuli budgétaires sont minces étant donné qu'il se concentre à présent sur la réduction des dépenses.

« Je ne vois pas un gouvernement efficace à même de faire quelque chose », a déclaré Jeff Frankel, professeur d'économie à l'université de Harvard et ancien conseiller économique de la Maison Blanche sous Bill Clinton. « Si tout est bloqué au niveau politique, surtout au niveau de la politique budgétaire, il n'y a pas grand chose à faire ».