La coopération internationale est essentielle aux ambitions technologiques de l’UE, selon les parties prenantes
L’UE ne doit pas perdre de vue l’importance des partenariats internationaux dans sa quête de souveraineté technologique, ont souligné les parties prenantes lors d’une discussion sur les ambitions numériques de l’Europe.
L’UE ne doit pas perdre de vue l’importance des partenariats internationaux dans sa quête de souveraineté technologique, ont souligné les parties prenantes lors d’une discussion sur les ambitions numériques de l’Europe.
Face à un environnement géopolitique de plus en plus complexe, les alliances internationales joueront un rôle essentiel dans la réalisation des objectifs numériques, ont indiqué les intervenants lors d’un événement organisé cette semaine sur l’avenir numérique de l’UE et l’agenda transatlantique. Ils ont exhorté les responsables politiques européens à renforcer leur collaboration avec des partenaires partageant les mêmes idées.
L’UE doit reconnaître qu’il ne suffit pas d’être avant tout un marché plutôt qu’une puissance économique compte tenu de la situation géopolitique actuelle, a affirmé Thibault Kleiner, directeur de la Stratégie, de la Politique et de la Sensibilisation à la DG CNECT, le service chargé des questions numériques à la Commission.
« Ce nouveau jeu signifie que l’UE et les États-Unis doivent rétablir leur capacité à travailler ensemble, non pas en tant que concurrents, mais en tant qu’alliés, car nous avons des défis à relever non seulement en termes de géopolitique », a-t-il déclaré, ajoutant que cela nécessiterait une nouvelle vision de la transformation numérique basée sur un partenariat international.
La discussion a eu lieu avant la troisième réunion ministérielle du Conseil du commerce et de la technologie (CCT) UE-États-Unis, prévue début décembre, au cours de laquelle l’intelligence artificielle (IA), les semi-conducteurs et la connectivité mondiale, entre autres, seront à l’ordre du jour.
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Un tournant
Malgré l’accent récemment mis sur l’indépendance par les responsables politiques , un certain nombre d’intervenants ont souligné que l’invasion de l’Ukraine par la Russie rappelait l’importance des partenariats internationaux.
L’importance de la souveraineté numérique et de l’autonomie stratégique s’est accrue aux yeux des responsables politiques de l’UE ces dernières années en raison de la perte de confiance dans la précédente administration américaine. La guerre en Ukraine a cependant prouvé le caractère unitaire et les résultats concrets de la coopération transatlantique, a déclaré Dita Charanzová, vice-présidente du Parlement européen.
Cette vision est partagée par Milena Jaburkova, vice-présidente de la Confédération de l’industrie tchèque pour l’Economie numérique et l’Education, qui a fait remarquer que « l’invasion russe en Ukraine, où le commerce numérique est devenu une partie du champ de bataille, nous donne une occasion unique de réévaluer les aspirations, les buts et les objectifs de l’UE. »
La guerre, a-t-elle ajouté, a permis de tirer trois leçons essentielles qui peuvent aider l’Europe à adapter ses politiques pour la suite : les dangers de la dépendance à l’égard des régimes autoritaires pour les produits et les infrastructures critiques ; les pays qui pourraient être des partenaires potentiels pour les affaires et le commerce ; et l’importance de travailler avec des alliés démocratiques face à la crise.
Autonomie et partenariats stratégiques
À ce titre, l’importance de poursuivre les ambitions numériques en collaboration au niveau mondial a été soulignée par de multiples intervenants.
« Si nous voulons assurer la sécurité et la prospérité, nous devons jeter un regard neuf sur la relation transatlantique », a déclaré Marek Havrda, vice-ministre des Affaires européennes du gouvernement tchèque.
« Nous devons créer un espace commun où l’innovation et l’investissement prospéreront en respectant nos valeurs », a-t-il ajouté, soulignant que cela est particulièrement important si l’UE souhaite que les développements technologiques soient fondés sur des principes démocratiques.
Les travaux dans ce domaine ne devraient pas se limiter aux États-Unis, a t-il fait remarquer, estimant que l’UE devrait également chercher à travailler aux côtés de démocraties telles que le Japon, la Corée, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Taïwan.
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Défis potentiels
Un certain nombre de problèmes liés à l’idée d’autonomie stratégique, mais aussi des obstacles à d’éventuels partenariats internationaux plus larges, ont toutefois été identifiés par les intervenants de l’événement.
« Le problème avec la souveraineté est qu’il s’agit d’un concept fluctuant et parfois glissant, car chacun y voit ce dont il a besoin », a déclaré Mme Jaburkova, prévenant que ce concept pourrait également employé pour provoquer des changements négatifs : « Je voudrais éviter une situation dans laquelle certaines parties prenantes de l’UE pourraient l’utiliser pour faciliter la transition de l’internationalisme vers le retour au nationalisme. »
La politique intérieure des pays partenaires pourrait également entraver les progrès de la collaboration internationale, a noté José Ignacio Torreblanca, chef du Conseil européen pour les relations internationales à Madrid.
« Soyons réalistes quant aux défis auxquels nous sommes confrontés du fait de la fragmentation de la politique aux États-Unis », a-t-il déclaré. Il a également fair remarquer que cela aurait pu être une question clé dans le contexte de la guerre en Ukraine, si les conditions avaient été différentes et si l’ancien président américain Donald Trump était encore en fonction.
Les principaux facteurs de réussite
Les participants ont également affirmé que l’accent mis sur la recherche et le développement, notamment par le renforcement du programme européen Horizon Europe, pourrait s’avérer un facteur clé pour déterminer le succès des ambitions numériques de l’Europe. C’est notamment le cas en raison de la confiance et des échanges culturels que la collaboration internationale en matière de recherche pourrait apporter.
La préservation des médias traditionnels et du débat public sera également essentielle, en particulier compte tenu du potentiel destructeur de la désinformation illustré par la guerre, a précisé M. Kleiner de la DG CNECT.
« C’est tous les jours qu’il faut se battre pour la liberté de la presse et des opinions publiques et la possibilité d’avoir des débats basés sur des faits. »
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