La controverse sur les Roms a propulsé la campagne électorale française

Bien que les prochaines élections présidentielles en France n'aient lieu qu'en 2012, et que le président français Nicolas Sarkozy n'ait pas encore annoncé s'il souhaitait se représenter, les analystes soutiennent que le rapatriement forcé des Roms en Bulgarie et en Roumanie a en réalité démarré la campagne électorale.

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Bien que les prochaines élections présidentielles en France n'aient lieu qu'en 2012, et que le président français Nicolas Sarkozy n'ait pas encore annoncé s'il souhaitait se représenter, les analystes soutiennent que le rapatriement forcé des Roms en Bulgarie et en Roumanie a en réalité démarré la campagne électorale.

Pascal Perinneau, directeur du Centre de Recherches Politiques à Sciences Po (CEVIPOF), pense que la campagne présidentielle de 2012 a déjà commencé. Il identifie deux problèmes majeurs qui éveillent l’hostilité de la société française.

La première est l’affaire Woerth-Bettencourt, dans laquelle un ministre, Eric Woerth, responsable du travail, de la solidarité et des services publics, est accusé de conflit d’intérêt. Sa femme travaille en effet pour Liliane Bettencourt, soit l’actionnaire principale chez L’Oréal, et la femme la plus riche d'Europe.

La controverse Woerth-Bettencourt a commencé au mois de juin, et M. Sarkozy a depuis lors vu sa cote politique plonger.

Dans ce qui aurait pu apparaître comme une tentative d’améliorer sa cote, le président français a arrangé le rapatriement des Roms de Roumanie et de Bulgarie qui vivent dans des camps sur le sol français.

Par ses actions envers les Roms, M. Sarkozy semble freiner sa « descente aux enfers », selon la citation de M. Perrineau publiée par SFR, et sa cote d’approbation est montée de 2%.

En effet, 65% des Français disent approuver les expulsions, et 69% sont en faveur du démantèlement des camps, selon un sondage mené par Opinionway publié dans le quotidien Le Figaro.

Une enquête publiée hier (26 août)  par le Nouvel Observateur montre que M. Sarkozy perdrait les élections présidentielles au second tour par 41 contre 59 dans un face à face avec Dominique Strauss-Kahn, l’actuel président du FMI (issu des rangs socialistes), et à 47 contre 53 dans un face à face avec Martine Aubry, dirigeante du Parti Socialiste (PS).

Il n’est pas surprenant de voir que la campagne semble démarrer si tôt, explique M. Perrineau, rappelant que pour les élections de 2007, la campagne avait en réalité démarré en automne 2005. Comme en 2007, il y a actuellement un « problème de casting » parmi les rangs de la gauche. On ne sait toujours pas quel candidat de gauche se présentera cette fois-ci.

Parmi les rangs de la droite, la compétition interne de la campagne précédente entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin pourrait se répéter, dit M. Perrineau. En effet, M. De Villepin, toujours en train de se remettre d’une campagne de diffamation initiée par M. Sarkozy, a attaqué le président bille en tête pour sa gestion de la question des Roms (EURACTIV 24/08/10).

Les poids lourds socialistes ont fustigé M. Sarkozy pour les expulsions de Roms. Martine Aubry déplore « l’été de la honte pour la France ». Ségolène Royal, qui a perdu l’élection face à M. Sarkozy lors du second tour des élections, a déclaré que la politique sécuritaire interne de M. Sarkozy avait « ruiné » l’image internationale du pays.

La crise morale est profonde. Cela dégoûte les Français, a-t-elle ajouté.