La contrattaque du Rassemblement national sur les ingérences étrangères dans les partis

Le parti de Marine Le Pen a déposé mercredi une proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête sur les ingérences étrangères dans les partis, après avoir été accusé d’être sous influence russe par la majorité.

Euractiv France
Weekly session of questions to the government at the National Assembly in Paris
Le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale en août 2022. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Le parti de Marine Le Pen a déposé mercredi (28 septembre) une proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête sur les ingérences étrangères dans les partis, après avoir été accusé d’être sous influence russe par la majorité.

Le Rassemblement national de Marine Le Pen est régulièrement accusé de conflit d’intérêts vis-à-vis du pouvoir de Vladimir Poutine, son ancêtre, le Front national, ayant contracté des prêts auprès d’institutions bancaires russes.

La révélation d’une étude des services secrets américains concernant les ingérences russes dans des partis occidentaux, y compris français, n’a fait qu’aggraver les soupçons pesant sur le parti d’extrême droite.

La dernière attaque de la part du gouvernement date de mardi, lorsque le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a accusé les députés du Rassemblement national d’être soumis « à Vladimir Poutine, à la Russie, à la violence de l’armée russe », lors d’une intervention en commission des finances à l’Assemblée nationale.

Le député RN Jean-Philippe Tanguy, excédé, a déclaré, sur Public Sénat mercredi (28 septembre), ne pas accepter « que l’on remette en cause [son] intégrité patriotique » ainsi que celle de ses collègues du RN.

Il a donc déposé, dans la foulée des déclarations de M. Le Maire, une proposition de résolution visant à créer une « commission d’enquête parlementaire relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères » sur les dirigeants et partis politiques français, comme l’a révélé France Inter mercredi (28 septembre).

La notion de « puissance étrangère » doit englober, selon le député, aussi bien des Etats que des « organisations, entreprises, groupes d’intérêts [et] personnes privées » étrangers et ne doit pas se cantonner aux seules influences venant de Russie.

Plusieurs élus de Renaissance, le parti d’Emmanuel Macron, se sont dits en faveur d’une telle commission, mais aucun n’a, jusqu’ici, déposé une demande formelle pour qu’elle soit constituée.