La Confédération européenne des syndicats relance le débat sur la flexicurité
A l’occasion du 11e congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui s’est déroulé du 21 au 24 mai à Séville, en Espagne, les syndicats ont critiqué la vision de la flexicurité défendue par la Commission européenne.
A l’occasion du 11e congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui s’est déroulé du 21 au 24 mai à Séville, en Espagne, les syndicats ont critiqué la vision de la flexicurité défendue par la Commission européenne.
En Bref :
Inscrite au programme de travail conjoint des syndicats et du patronat européens pour 2006-2008, la « flexicurité » a été le thème central des discussions lors du 11ème congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES). Ce concept, inspiré de pays nordiques comme le Danemark, offre théoriquement plus de sécurité aux salariés et plus de flexibilité aux entreprises pour embaucher et licencier. Cette notion a été évoquée pour la première fois au niveau européen lors du sommet de Lisbonne en 2000.
A quelques semaines d’une communication attendue de la Commission européenne sur le concept, le commissaire européen à l’Emploi Vladimir Spidla a défendu ce modèle devant un parterre de syndicalistes européens. Il a estimé que la flexicurité offrait « une réponse cohérente » aux défis de l’emploi. Dans la même lignée, le représentant de Business Europe (fédération patronale européenne), le français Ernest-Antoine Seillière, a qualifié cette notion de « lien positif entre compétitivité et protection sociale ».
Les syndicats de salariés ont en revanche critiqué la vision de la flexicurité défendue par la Commission. La flexicurité est en train de se transformer en « un menu à la carte dont les choix les plus prisés par les hommes politiques sont la fin des contrats sécurisés, la réduction de la protection de l’emploi et des droits aux allocations de chômage » a déclaré John Monks, secrétaire général de la CES.La CGT portugaise a proposé de ne pas reconnaître la flexicurité comme un « concept syndical ». La CGT française a quant à elle regretté « de ne pas avoir eu plus de précisions quant aux bases sur lesquelles la CES va négocier sur la « flexicurité » à Bruxelles ».
L’élection de la Suédoise Wanja Lunbdy-Wedin à la présidence de la CES a toutefois montré l’intérêt des 81 confédérations syndicales présentes pour le modèle scandinave. Ce mot « à la mode » ne doit « pas être utilisé seulement pour exiger plus de souplesse chez les travailleurs, mais pour permettre aussi d’obtenir plus de sécurité » a cependant souligné la présidente.
En France, le concept de flexicurité a été évoqué, entre autres, pendant la campagne électorale. Nicolas Sarkozy a en effet annoncé qu’il comptait faire plancher les syndicats sur cette notion dès la rentrée. Elle pourrait servir de base à l’élaboration du contrat de travail unique, au programme du nouveau président.
La réforme institutionnelle de l’UE figurait également à l’ordre du jour du congrès. Opposé au mini traité de Nicolas Sarkozy qui ne prévoit pas l’intégration de la charte des droits fondamentaux dans le futur texte, la CES a plaidé pour la défense de l’essence du traité constitutionnel dans son « manifeste de Séville ». Cette position a été approuvée par la CFDT. La CGT et FO, partisans du non lors du référendum en France, ont en revanche estimé qu’il fallait abandonner toute référence à la Constitution.