La concrétisation du « corridor d’énergie verte » franco-ibérique soulève des doutes
Le coordinateur de l’Observatoire ibérique de l’énergie, Antonio Eloy, a critiqué les projets de mise en œuvre du « corridor d’énergie verte », qui devrait relier Barcelone et Marseille.
Le coordinateur de l’Observatoire ibérique de l’énergie, Antonio Eloy, a critiqué les projets de « corridor d’énergie verte », qui devrait relier Barcelone et Marseille.
La semaine dernière, la France, l’Espagne et le Portugal ont annoncé qu’ils avaient décidé de faire avancer le projet et d’abandonner le projet de gazoduc MidCat, qui était en suspens depuis 2019 du fait que la France n’était pas convaincue de sa viabilité.
« Il est impossible qu’un même pipeline alimente deux segments de production différents », a confié Antonio Eloy à l’agence de presse portugaise Lusa mercredi (26 octobre).
« Le projet est encore complètement théorique. Pour sa réalisation, il manque une décision fondamentale d’investissement, qui est loin d’être assurée, ainsi que les études et l’évaluation de l’impact environnemental, dont on doute qu’elles soient positives dans plusieurs cas », a ajouté M. Eloy.
Le fonctionnaire a également voulu « démystifier l’idée que ce projet est “vert” », affirmant que même s’il ne servait qu’à transporter de l’hydrogène, « il aurait certainement des contributions énergétiques “noires” ».
M. Eloy doute de la concrétisation de ce projet, dont le calendrier, les sources de financement et les coûts seront discutés le 9 décembre.
Le coordinateur de l’Observatoire ibérique de l’énergie, qui prône depuis plus de deux décennies la transition vers une économie basée sur l’hydrogène, estime qu’il s’agit d’une source d’énergie avantageuse dans une « économie de proximité, où la production est interconnectée avec l’utilisation ».
« L’exportation n’est pas négligeable, même si dans ce cas, il s’agit soit du transport en conteneurs du liquide, par la route ou le rail, soit du transport improbable et imprévisible dans des pipelines dédiés », a-t-il souligné.
Interrogé sur le projet MidCat, qui prévoyait une interconnexion entre la péninsule ibérique et la France à travers les Pyrénées, M. Eloy a rappelé qu’il impliquait « un ensemble de connexions électriques, qui étaient absolument nécessaires ».
Mais il prévoyait aussi « l’ambition démesurée de transporter du gaz vers l’Allemagne, alors qu’il serait beaucoup plus économique de le transférer de [la ville portugaise] de Sines par bateau jusqu’à Hambourg, ce qui aurait de graves inconvénients environnementaux dans le col des Pyrénées, sans compter que, manifestement, la France n’est pas du tout intéressée par le fait de payer pour quelque chose qui ne lui sert à rien », a-t-il souligné.