La Commission vante les réussites de l’UE en matière de santé, mais il reste encore beaucoup à faire
Ces cinq dernières années, l’UE est passée « du statut de pompier à celui d’architecte » dans le domaine de la santé, selon le vice-président de la Commission, Margaritis Schinas, mais tout le monde n’est pas convaincu que la situation actuelle est optimale.
« L’Union européenne de la santé : agir ensemble pour la santé des citoyens », c’est ainsi que la Commission a résumé ses cinq dernières années d’action dans le domaine de la santé. L’UE est passée « de pompier à celui d’architecte », selon le vice-président de la Commission, Margaritis Schinas, mais tout le monde n’est pas convaincu que la situation actuelle est optimale.
La communication présentée mercredi (22 mai) donne un aperçu des actions menées par l’Union européenne au cours de la législature 2019-2024, avant les élections européennes de juin.
L’Union européenne de la santé, présentée à l’origine comme la clé d’une meilleure préparation aux urgences sanitaires, est devenue le nom générique donné à toutes les mesures sanitaires prises par Bruxelles, du plan européen de lutte contre le cancer à la première approche globale en matière de santé mentale.
Margaritis Schinas est revenu sur la pandémie Covid-19, qui a frappé l’Europe en 2020, quelques mois seulement après l’entrée en fonction de la nouvelle Commission.
« Je n’aurais jamais pu imaginer que les questions de santé prendraient une telle importance après seulement trois mois. Nous étions confrontés à l’urgence sanitaire la plus grave depuis [la pandémie de grippe espagnole de] 1918 .»
Selon M. Schinas, grâce à ses actions, l’UE est passée du statut d’acteur secondaire à celui d’acteur mondial en matière de santé.
L’UE a réagi à la pandémie en créant une stratégie européenne en matière de vaccins et le certificat Covid numérique de l’Union européenne, aussi appelé « pass sanitaire », et a pris la tête du mouvement mondial en tant que fondateur et principal donateur de COVAX, une initiative visant à aider les pays non-européens à faible revenu à accéder aux vaccins.
Outre les mesures sanitaires, l’UE a augmenté son financement en matière de santé par le biais de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), 43 milliards d’euros étant alloués à des mesures liées à la santé, à l’instrument de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (Support to mitigate Unemployment Risks in an Emergency, SURE) et au programme L’UE pour la santé (EU4Health). Ce dernier reste par ailleurs le programme de santé le plus important et le plus ambitieux que l’UE ait jamais eu, d’après la commissaire européenne à la Santé et à la Sécurité alimentaire Stella Kyriakides.
Des fondations solides ?
M. Schinas a insisté sur les différentes manières dont l’UE a renforcé sa capacité à répondre aux menaces sanitaires, notamment par la création de l’Autorité de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA).
Toutefois, les acteurs du secteur ont déjà souligné la nécessité d’en faire plus dans le domaine de la santé.
Le professeur Peter Piot, conseiller spécial de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour la santé en Europe, a reconnu les progrès réalisés, mais a mis en garde contre la nécessité impérieuse de clarifier et de simplifier la gouvernance de la prévention en Europe, qu’il a qualifiée d’« assez babylonienne ».
Lors d’une conférence sur l’avenir de l’Union européenne de la santé le 27 mars, M. Piot a également suggéré que le travail sur les contre-mesures médicales et les mesures de santé publique, telles que le maintien d’une distance sociale, le port du masque et le confinement, devraient également être abordés de manière plus coordonnée.
En réponse à une question d’Euractiv, M. Schinas a déclaré que ce n’était pas le rôle de Bruxelles d’assumer la responsabilité des « questions opérationnelles nationales », mais il a souligné que l’UE fournissait un format permettant aux États d’échanger des informations sur leurs approches.
Pour Mme Kyriakides, l’échelon européen a un rôle à jouer dans la formulation de recommandations scientifiques crédibles.
« Les citoyens doivent savoir qu’ils disposent d’informations crédibles, car je vous rappelle le grand nombre de fake news [qui ont circulé] au cours des six premiers mois [de la pandémie] », a-t-elle rappelé.
Regard sur l’avenir
Dans sa communication, l’exécutif de l’UE souligne également les menaces qui ne doivent pas être ignorées, allant de la résistance aux antimicrobiens aux menaces sanitaires induites par le changement climatique.
Le document a cependant évité toute controverse et n’a pas abordé les questions qui n’ont pas encore été résolues dans le cadre de ce mandat, comme le paquet législatif sur les produits pharmaceutiques ou encore les travaux sur l’étiquetage du tabac et de l’alcool.
Traité international sur les pandémies : les négociations se prolongent
Les négociations pour un nouveau traité sur les pandémies, qui devaient initialement se terminer vendredi…
5 minutes
[Édité par Anne-Sophie Gayet]