La Commission s’indigne d’un commentaire raciste formulé par un ministre bulgare

Hier (27 septembre), la Commission européenne a décrit comme « inacceptable » une déclaration du ministre de l’intérieur bulgare Tsvetan Tsvetanov, qui a dit que la communauté Rom est un « incubateur » pour le crime. Dnevnik, partenaire d’EURACTIV en Bulgarie, rapporte.  

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Hier (27 septembre), la Commission européenne a décrit comme « inacceptable » une déclaration du ministre de l’intérieur bulgare Tsvetan Tsvetanov, qui a dit que la communauté Rom est un « incubateur » pour le crime. Dnevnik, partenaire d’EURACTIV en Bulgarie, rapporte.

 

Interrogée pour savoir si la déclaration du ministre bulgare M. Tsvetanov était acceptable, Pia Ahrenkilde Hansen, porte-parole de la Commission européenne, a répondu un court mais incisif “non”.

Le ministre a dit dans un entretien avec le quotidien bulgare « 24 Chasa » qu’une analyse très approfondie du problème Rom était nécessaire parce que cet environnement est un incubateur du crime.

M. Tsvetanov a accordé cet entretien dans le sillage d’une visite à Bruxelles, où il a rencontré entre autres le commissaire chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion László Andor, avec qui il aurait discuté de la coopération sur l’intégration des Roms.

La visite a pris place avec pour toile de fond les controverses entourant les expulsions des Roms roumains et bulgares par les autorités françaises. Au sein de cette controverse, la Bulgarie s’est rangée du côté de la France et a déclaré que Paris a le droit de conduire les expulsions.

Suite à une demande de commentaire émanant du correspondant à Bruxelles du quotidien bulgare Trud sur le fait qu’il ait stigmatisé une communauté ethnique en la qualifiant « d’incubateur du crime », M. Tsvetanov a insisté sur le fait qu’il a fait cette déclaration dans un contexte interne.

« Vous vivez à Bruxelles. Vous devriez vous rendre dans les villages proches des grandes villes (bulgares) », a-t-il dit, laissant entendre que les journalistes sont prompts à émettre des critiques sans comprendre la réelle dimension du problème.

Il a continué en expliquant que les analyses de la criminalité ont montré que les Roms sont responsables de la plupart des crimes mineurs, auxquels selon lui la société est la plus sensible.

« Je ne fais que décrire la réalité, puisque nous devons appeler les problèmes par leurs vrais noms » a dit M. Tsvetanov.

Le ministre bulgare a répété les déclarations du premier ministre Boyko Borrisov lors du dernier sommet de l’UE selon lesquelles les fonds pour intégrer les Roms devraient être versés à l’Etat et non aux ONG.

M. Tsvetanov a déclaré qu’au cours des deux dernières décennies, un certain nombre d’ONG ont reçu des fonds sans rien faire de concret.

Le ministre a également insisté sur le fait que son pays devrait rejoindre l’espace Schengen en mars 2011.

Suite à une demande émanant d’EURACTIV de faire un commentaire pour savoir si l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen pourrait être bloquée en raison de l’opposition des Etats membres qui soulignent le fait que ces pays font toujours l’objet d’une surveillance concernant les carences de leurs systèmes de maintien de l’ordre (voir Contexte et « Les présidents roumain et bulgare font pression en vue de l’adhésion à Schengen »), la Commission européenne n’a pas fourni de réponse claire.

Le porte-parole Michele Cercone a déclaré que d’un côté, l’adhésion à l’espace Schengen est conditionnée par la satisfaction à une série de paramètres techniques spécifiques ; mais il a ajouté que de l’autre côté, la décision d’ajouter un nouveau membre est politique, étant donné que cette décision est prise à l’unanimité par les pays membres.