La Commission rejette l’idée d’une politique industrielle interventionniste
La Commission a renouvelé son engagement d’aider les industries européennes à faire face aux pressions de la mondialisation et du changement climatique, mais a souligné qu’elle n’adopterait pas une politique plus interventionniste. Ces propos pourraient être interprétés comme une réponse à ceux tenus la semaine dernière par Nicolas Sarkozy.
La Commission a renouvelé son engagement d’aider les industries européennes à faire face aux pressions de la mondialisation et du changement climatique, mais a souligné qu’elle n’adopterait pas une politique plus interventionniste. Ces propos pourraient être interprétés comme une réponse à ceux tenus la semaine dernière par Nicolas Sarkozy.
En Bref :
Un des plus grands obstacles pour les industries aujourd’hui est leur capacité à s’adapter aux défis posés par le changement climatique, tels que la nécessité de réduire les émissions de carbones et d’améliorer la capacité énergétique.
Le 4 juillet, le commissaire européen chargé de l’Industrie, Günter Verheugen, a présenté un examen à mi-parcours de la politique industrielle européenne mise en place depuis octobre 2005. Il a souligné que les entreprises ne devraient pas interpréter les politiques climatiques de l’UE comme une entrave à leur compétitivité. Au contraire, elles devraient « saisir les possibilités offertes par les nouveaux processus et produits économes en énergie et en ressources. »
La Commission a déclaré que le protectionnisme n’était pas une solution. « Il n’est pas nécessaire d’opérer un changement fondamental dans la politique industrielle proactive et non interventionniste au niveau de l’UE », a affirmé le commissaire européen.
Cette remarque pourrait être vue comme une réponse aux propos tenus la semaine dernière par le président français Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait appelé les chefs d’État et de gouvernement européens à penser une politique industrielle capable de protéger les entreprises « championnes d’Europe » telle qu’Airbus. Il avait ajouté que l’UE ne devrait ouvrir ses marchés qu’aux pays tiers ayant déjà ouvert les leurs. « Vous voulez que nous ouvrions nos marchés, et bien, nous le ferons dès que vous aurez ouvert les vôtres », a déclaré M. Sarkozy au salon du Bourget.
Cependant, la Commission a annoncé qu’elle se concentrerait sur l’amélioration de l’accès aux marchés extérieurs plutôt que sur un retrait de la concurrence mondiale.
Elle reconnaît néanmoins que la compétitivité des entreprises européennes à haute intensité énergétique pourrait pâtir du rôle de premier rang de l’UE dans la lutte contre le changement climatique.
Afin de répondre à ce problème, M. Verheugen a affirmé que la Commission présenterait un document stratégique, en automne 2007, qui sera consacré aux politiques « visant à soutenir les industries à haute intensité énergétique, en réduisant leur impact sur l’environnement tout en maintenant leur compétitivité ».
A travers sa politique commerciale, la Commission continuera aussi à encourager ses pays partenaires, tels que les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde, à élaborer des politiques durables dans le domaine de l’énergie et du changement climatique. Le but est de créer « une approche globale du changement climatique », qui créera de nouvelles opportunités pour les produits « verts » innovants de l’UE.
La Commission a ajouté que l’absence d’un marché commun pour les produits environnementaux « limite [actuellement] la taille du marché des produits à faible teneur en carbone et économes en ressources ». Pour pallier à ce problème, l’institution européenne a promis de façonner un Plan d’Action en 2008.
Par ailleurs, la politique industrielle européenne aura pour objectif de :
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poursuivre la réduction de la charge administrative des entreprises ;
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améliorer le cadre européen sur la propriété intellectuelle afin d’encourager la recherche et l’innovation ;
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encourager les petits groupes et les « marchés leaders » à renforcer la coopération entre les entreprises, la recherche et les consommateurs.