La Commission propose des règles de sécurité plus strictes pour les véhicules
La Commission européenne propose des règles plus strictes sur les contrôles des véhicules. Ces nouvelles règlementations concerneraient pour la première fois les motos et les scooters. Cette initiative a été prise en raison du nombre d'accidents de la route mortels en hausse ces derniers mois.
La Commission européenne propose des règles plus strictes sur les contrôles des véhicules. Ces nouvelles règlementations concerneraient pour la première fois les motos et les scooters. Cette initiative a été prise en raison du nombre d'accidents de la route mortels en hausse ces derniers mois.
Le vice-président de la Commission Siim Kallas a révélé ces propositions vendredi (13 juillet) suite à une nouvelle hausse des accidents de la route mortels après une baisse proche de 50 % au cours de la dernière décennie.
M. Kallas a également dévoilé de nouvelles propositions sur l'inspection des véhicules qui, la Commission l'espère, pourrait sauver plus de 1200 vies par an et éviter 36 000 accidents dus à des défaillances techniques.
Le contrôle technique des scooters et des motocycles serait alors obligatoire dans les pays de l'UE. Les deux-roues sont en effet le groupe le plus à risque parmi les usagers de la route, selon l'exécutif européen.
Si elle est approuvée, cette directive obligerait les neuf pays qui ne le font pas encore à inspecter les motocycles et les scooters.
Les anciens véhicules et ceux dont le kilométrage est particulièrement élevé feraient l'objet d'un premier test au bout de quatre ans, puis tous les deux ans.
Selon les statistiques, la probabilité d'une défaillance technique augmente de manière significative après cinq ans. Les voitures et les véhicules utilitaires légers de moins de 3,5 tonnes qui enregistrent plus de 160 000 km au compteur au bout de quatre ans devraient subir un contrôle chaque année.
La Commission a également proposé des normes minimales à l'échelle de l'UE pour l'inspection des véhicules et des mesures de lutte contre la fraude au kilométrage.
Une taxe sur la pauvreté
La Fédération des associations européennes de motocyclistes (FEMA) a dénoncé ces propositions qui cibleraient injustement les véhicules à deux roues. Elle a affirmé que la directive européenne actuelle sur le contrôle technique des voitures, des camions, des taxis et des autres véhicules était adéquate.
L'association a déclaré que ces nouvelles propositions coûteraient aux propriétaires de deux-roues quelque 1,2 milliard d'euros par an en coût de fonctionnement.
« Il s'agit ni plus ni moins d'une taxe sur la pauvreté pour ceux qui ne peuvent pas se permettre d'acheter un nouveau véhicule tous les trois ans », s'est insurgée Aline Delhaye, secrétaire générale de la FEMA. « En termes de temps et d'argent, le coût pour les citoyens sera astronomique, sans avantages en retour. Ce n'est pas acceptable. »
Hausse des accidents mortels
M. Kallas, le commissaire aux transports, a expliqué que cette directive avait pour objectif de retirer des routes les véhicules dangereux.
« Si vous conduisez une voiture qui n’est pas en ordre pour circuler sur les routes, vous constituez un danger pour vous-même et pour tous les passagers […] Mais vous êtes aussi un danger pour tous les autres usagers de la route qui vous entourent. C’est très simple : nous ne voulons pas de ces voitures potentiellement mortelles sur nos routes », a-t-il déclaré.
Quelque 30 900 accidents mortels ont été enregistrés dans l'UE en 2011. Ce chiffre comprend également les accidents impliquant des piétons. En 2009, les derniers chiffres disponibles, les motocyclistes représentaient 16 % des morts par accident, 20 % étaient des piétons et 47 % des automobilistes.
En Suède, les accidents mortels ont augmenté de 18 % l'an dernier et de près de 10 % en Allemagne. Ces deux pays disposent pourtant de normes de sécurité satisfaisantes en général. La Grande-Bretagne a enregistré une hausse de 6 % et la Finlande et la Pologne de 7 %.
D'autres pays souffrent d'une augmentation des accidents mortels sur leurs routes, comme l'Estonie (29 %) et le Luxembourg (13 %), mais il s'agit de petits Etats dans lesquels très peu d'accidents mortels sont rapportés chaque année. Au cours des dix dernières années, ces chiffres sont descendus bien en dessous de la barre des 50 % pour l'Estonie et le Luxembourg.
En outre, les progrès à l'échelle de l'UE pour limiter le nombre de morts sur la route ont ralenti pour n'atteindre qu'une baisse de 2 % l'an dernier.
Les raisons de ce phénomène restent floues, mais les conditions météorologiques pourraient bien constituer une partie de la réponse.