La Commission pointe les "sérieux déséquilibres" de l'économie française
Moindre capacité à résister aux chocs extérieurs, détérioration de la performance à l'export, rigidité du marché du travail...Bruxelles liste les raisons de ces déséquilibres, dans un document rendu public mercredi 10 avril.
Moindre capacité à résister aux chocs extérieurs, détérioration de la performance à l’export, rigidité du marché du travail…Bruxelles liste les raisons de ces déséquilibres, dans un document rendu public mercredi 10 avril.
« Des efforts supplémentaires vont devoir être accomplis ». Dans un document rendu public mercredi 10 avril, la Commission européenne dresse la liste des facteurs qui contribuent au « sérieux déséquilibre » de l’économie française.
La France a mieux résisté à la crise que ses partenaires européens en 2008 et 2009 et évité une récession en 2010 et 2011, rappelle la Commission. Mais, selon elle, « la résilience du pays aux chocs externes diminue et ses perspectives de croissance à moyen terme sont de plus en plus gênées par ses déséquilibres de long terme ».
L’exécutif bruxellois mentionne la « détérioration en cours » des performances du pays à l’export. L’augmentation croissante de la facture énergétique est bien l’un des facteurs, mais la France a perdu du terrain dans d’autres domaines et dans les services, explique la Commission. La dette extérieure de la France a atteint 36% du PIB en 2011. « Si ces tendances continuent, elles pourraient étouffer les perspectives de croissance de la France à moyen terme.
Les « coûts et les effets non-tarifaires », c’est-à-dire des lourdeurs techniques, juridiques ou administratives, ont contribué à des pertes importantes de parts de marché à l’export, explique le document. « Pour limiter les hausses de prix, les exportateurs ont réduit leurs marges, en particulier dans le secteur manufacturier », ajoute la Commission. La diminution du nombre d’entreprises exportatrices, leur taille relativement petite, tout comme les facteurs liés à l’environnement économique sont également des obstacles à l’export.
La Commission salue la mise en place par la France « d’un ensemble de réformes solides », notamment celle qui vise à diminuer le coût du travail. Mais Bruxelles estime celles-ci insuffisantes pour résoudre le problème de compétitivité. Des nouvelles réponses politiques sont « nécessaires », ajoute l’institution.
Les économies de 13 pays ont été passées à la loupe par la Commission européenne. Au-delà de la France, l’Espagne, l’Italie et la Slovénie ont été épinglées.
Cet examen des économies de la zone euro appelé « système d’alerte » a été mis en place à la suite des crises en Grèce, au Portugal et en Irlande. L’objectif est d’éviter que les faiblesses d’un pays n’entraine une contagion à l’ensemble des pays de la monnaie unique. Si les pays ne répondent pas aux demandes formulées par la Commission, la procédure peut déboucher sur une amende équivalente à 0,1% de son PIB.