La Commission européenne alloue 100 millions d’euros à la gestion des frontières tunisiennes
La Commission européenne investira 100 millions d’euros dans la lutte contre la contrebande, la gestion des frontières, les opérations de recherche et de sauvetage et les retours de migrants en Tunisie.
La Commission européenne investira 100 millions d’euros dans les mesures de lutte contre la contrebande, la gestion des frontières, les opérations de recherche et de sauvetage et les retours de migrants en Tunisie, dans le cadre d’un plan d’investissement d’un milliard d’euros.
Ce plan, annoncé dimanche (11 juin) par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, constitue une bouée de sauvetage économique pour le président tunisien Kaïs Saïed, dont le gouvernement est confronté à de graves difficultés économiques et politiques.
Après avoir accepté un prêt de 1,9 milliard de dollars du Fonds monétaire international (FMI) en octobre dernier, le président tunisien est revenu sur les conditions fixées, notamment les réformes des entreprises publiques et la suppression des subventions aux carburants, ce qui a conduit la Tunisie au bord d’une crise de la balance des paiements.
Parallèlement à cela, le nombre croissant de migrants atteignant l’Europe par le biais de réseaux de passeurs illégaux en Tunisie a placé ce pays d’Afrique du Nord au centre de l’attention internationale.
Certains pensent que la proposition de l’UE pourrait inclure le retour des citoyens non tunisiens dans le pays, ce à quoi l’exécutif européen a répondu qu’un « mémorandum d’entente » entre l’UE et la Tunisie à la fin du mois de juin contiendrait des détails précis sur la manière dont les fonds seront dépensés.
Mme Von der Leyen a également annoncé son intention d’organiser un conseil de coopération UE-Tunisie d’ici la fin de l’année.
Similitude avec l’accord UE-Turquie
L’accord visant à soutenir la gestion des frontières de la Tunisie est similaire au pacte de l’UE conclu en mars 2016 avec la Turquie, lorsque Bruxelles a accepté de financer à hauteur de 6 milliards d’euros l’accueil et l’accompagnement des réfugiés sur le sol turc, afin d’endiguer les flux de personnes fuyant la guerre civile en Syrie pour se rendre dans l’UE.
Ce pacte a grandement stimulé la position géopolitique du président autocratique turc Recep Tayyip Erdoğan et reste en place malgré de multiples critiques sur les violations des droits humains en Turquie.
Le président tunisien Kaïs Saïed, qui gouverne par décret depuis qu’il a limogé son gouvernement et son parlement en juillet 2021, a fait l’objet de critiques similaires. Au cours des derniers mois, une série de responsables politiques de l’opposition et de dirigeants de la société civile ont été arrêtés et emprisonnés sur la base d’accusations de terrorisme.
En février, M. Saïed a été accusé de « discours de haine raciale » par l’Union africaine après avoir affirmé qu’il existait un complot visant à installer des migrants d’Afrique subsaharienne en Tunisie, ajoutant que « nous ne permettrons pas que la composition démographique [de la Tunisie] soit modifiée ».
Toutefois, l’accord conclu avec l’UE signifie que son gouvernement fera partie intégrante de la stratégie extérieure de l’Union visant à contenir les flux migratoires et à gérer ses frontières.
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Pacte migratoire de l’UE
Jeudi dernier (8 juin), les ministres de l’Intérieur de l’UE se sont mis d’accord sur une position concernant le Pacte sur la migration, une série de textes législatifs qui créeraient un cadre règlementaire européen pour l’accueil et la prise en charge des migrants et des demandeurs d’asile.
La proposition la plus délicate concerne la répartition des migrants dans l’UE. Les ministres ont conclu un accord sur un système de « solidarité » obligatoire dans lequel les pays qui n’acceptent pas les migrants doivent verser 20 000 euros pour chaque migrant qu’ils déclarent ne pas pouvoir accueillir.
Ces montants seront versés à un fonds commun de l’UE, géré par la Commission européenne, afin de financer des projets visant à s’attaquer aux causes profondes de l’immigration, ont indiqué des responsables européens.
Les ministres cherchent maintenant à finaliser un accord avec le Parlement européen avant la fin du mandat législatif au printemps prochain.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]