La Commission estime le surplus du marché du carbone à 2,1 milliards de tonnes
Le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) souffre d'un excédent de 2,1 milliards de quotas, de l'aveu de la Commission. Les défenseurs de l'environnement souhaitent que l'exécutif européen publie plus d'informations sur le sujet.
Le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) souffre d’un excédent de 2,1 milliards de quotas, de l’aveu de la Commission. Les défenseurs de l’environnement souhaitent que l’exécutif européen publie plus d’informations sur le sujet.
Le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) est censé contribuer à la réduction des émissions de dioxyde de carbone en Europe et aider les États membres à atteindre leurs objectifs en matière de climat. Or, à 5 euros la tonne de CO2, le système ETS n’incite pas vraiment à passer du charbon à d’autres ressources, telles que les énergies renouvelables ou le gaz.
Des centrales à gaz, dont les émissions de CO2? sont moins importantes, ont été mises à l’arrêt dans différents pays, comme l’Allemagne. Un pays dans lequel les émissions ont augmenté de 2 % en 2013. En France, les émissions de gaz à effet de serre sont également en hausse
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« En raison de l’augmentation de la consommation de charbon, l’Allemagne pourrait rencontrer des difficultés à atteindre l’objectif national de 40 % de réduction d’ici 2020 », a expliqué un diplomate européen à EURACTIV. « Nous estimons que, pour réduire le côté attractif du charbon, nous devons renforcer l’ETS. »
La France est le moteur dans les discussions sur la réforme du marché du carbone, et plaide pour la mise en place d’une véritable banque centrale du carbone.
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L’Allemagne plaide pour aller plus loin que le mécanisme de régulation des prix du carbone présent dans le paquet énergie-climat 2030, et propose la mise en place d’un plafond de quotas.
La commissaire en charge de l’action pour le climat, Connie Hedegaard, a salué la baisse de 3 % des émissions des entreprises participant à l’ETS, selon les nouvelles estimations. « Cependant, il subsiste un excédent de quotas qui continue de croître et risque de compromettre le bon fonctionnement du marché du carbone », a-t-elle déclaré.
Alors que 1,9 milliard de tonnes de dioxyde de carbone ont été émises en 2013, l’organisation de défense de l’environnement Sandbag estime qu’un excédent équivalent est actuellement sur le marché.
La récession économique et l’octroi excessif de quotas gratuits à l’industrie ont contribué au problème. Le nombre de quotas d’émission en faveur de l’industrie s’élève maintenant à 1,2 milliard.
Plus de transparence
Cette année, la Commission a au départ retiré les informations sur les crédits carbones et a prévu d’arrêter de publier toute donnée sur le volume et le type de compensations émis dans le cadre de ce système.
« La Commission a offert un énorme cadeau aux lobbyistes industriels qui exagèrent généralement les coûts engendrés par l’ETS », a expliqué Damien Morris, le responsable de la politique de Sandbag. « En dissimulant le nombre de quotas que reçoivent les entreprises pour respecter le système, il est plus compliqué d’estimer les réels coûts engendrés dans le passé pour ces entreprises et ce qu’elles vont subir à l’avenir. Nous demandons à la Commission de dévoiler toutes les données disponibles le plus rapidement possible. »
Pour 2014, la Commission anticipe une réduction de l’excédent de quotas, alors que la processus de « mise au placard » de quotas, ou back-loading, a démarré au premier trimestre de cette année.