La Commission envisage une limitation des frais de transferts dans le domaine du football
La commissaire européenne en charge du sport, Androulla Vassiliou, a qualifié d'« incroyables » certains des récents transferts de joueurs de football professionnels atteignant plusieurs millions d'euros. Lors d'un entretien accordé à EURACTIV, elle a annoncé que la Commission européenne envisagerait la possibilité de limiter leurs montants.
La commissaire européenne en charge du sport, Androulla Vassiliou, a qualifié d'« incroyables » certains des récents transferts de joueurs de football professionnels atteignant plusieurs millions d'euros. Lors d'un entretien accordé à EURACTIV, elle a annoncé que la Commission européenne envisagerait la possibilité de limiter leurs montants.
« Je suis choquée par le récent transfert de Fernando Torres », a-t-elle confié à EURACTIV hier (22 février) lors du forum du sport européen à Budapest, Hongrie.
« Il serait assez prématuré d'affirmer que nous devrions établir un plafonnement, mais je pense que ce n'est vraiment pas une bonne idée d'augmenter le montant des transferts à chaque fois », a déclaré Mme Vassiliou.
En janvier, Chelsea, équipe de football britannique de Premier League, a dépensé 60 millions d’euros pour s’offrir le joueur international espagnol Fernando Torres qui jouait à Liverpool. Le transfert a établi un nouveau record puisqu’il s’agit de la plus grande somme dépensée par un club britannique pour acquérir un nouveau joueur, une somme « incroyable » selon Mme Vassiliou.
Néanmoins, le transfert de Fernando Torres est encore loin de battre le record européen. Il fait suite à d’autres frais de transferts exorbitants payés pour acquérir des joueurs professionnels. Le Real Madrid espagnol détient le record puisqu’il a dépensé environ 95 millions d’euros en 2009 pour s’offrir la star portugaise Cristiano Ronaldo qui jouait à Manchester United et 66 millions d’euros l’année précédente pour accueillir le Brésilien Kakà de l’AC Milan.
Le Traité de Lisbonne donne un mandat à la Commission européenne pour promouvoir l’ « équité et l’ouverture au sein des compétitions sportives ». L’équité est forcément remise en question si certains clubs sont capables de dépenser pour un footballeur ce que d’autres utilisent pour payer les salaires de l’ensemble de l’équipe.
D’autre part, la stabilité financière d’un club est souvent affectée par ces dépenses extraordinaires. « Cela peut éventuellement changer une petite dette en dette conséquente et finalement engendrer de gros dégâts », a déclaré Mme Vassiliou à EURACTIV.
En 2010, l’UEFA, la fédération européenne de football, a lancé de nouvelles réglementations financières qui obligeront les clubs de football à observer une discipline financière stricte, dont une condition « d’équilibre » à partir de 2012 dans un effort pour pénaliser les clubs fortement endettés.
Mme Vassiliou soutient cette initiative et a annoncé que la Commission envisageait des moyens de l’intégrer dans le droit européen. L’une des options consiste à mettre en place une limite aux frais de transferts. L’exécutif de l’UE examine d'ailleurs en ce moment la base juridique qui rendrait cela possible.
Des plafonnements de salaires sont envisagées par l’exécutif de l’UE, mais sa capacité à agir dans ce domaine est encore plus restreinte.
Une étude sur les frais de transferts va être lancée en 2012 pour évaluer « l’envergure du problème et ses implications », a déclaré la commissaire, une fois que la Commission aura décidé de l’action à mettre en œuvre.
« La Commission estime que l’heure est venue de réaliser une évaluation d’ensemble des règles de transferts dans le domaine du sport professionnel en Europe », peut-on lire dans une communication sur le sport adoptée par la Commission en janvier.
« Il est difficile de trouver une base juridique, mais il y a peut-être une possibilité », a confié un fonctionnaire de la Commission à EURACTIV pendant le forum européen.
Pour lire l’entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.