La Commission enquête sur les importations chinoises d’acier bon marché [FR]

La Commission a ouvert une procédure concernant les importations d’acier de Chine, de Corée du Sud et de Taïwan, suite aux plaintes des métallurgistes européens, pour qui ces produits, écoulés à bas prix sur les marchés, provoquent du dumping et menacent des milliers d’emplois. 

loading_ship.jpg
loading_ship.jpg

La Commission a ouvert une procédure concernant les importations d’acier de Chine, de Corée du Sud et de Taïwan, suite aux plaintes des métallurgistes européens, pour qui ces produits, écoulés à bas prix sur les marchés, provoquent du dumping et menacent des milliers d’emplois. 

L’enquête déterminera si l’acier inoxydable en provenance de ce pays « fait l’objet de pratiques de dumping et si ces dernières causent un préjudice », a annoncé la Commission le 1er février.

L’enquête fait suite à une plainte formulée en octobre dernier par la Confédération européenne des industries du fer et de l’acier (Eurofer), qui comprend des géants comme ArcelorMittal et ThyssenKrupp AG. Le groupe affirme que les importations d’acier provenant de Chine ont augmenté de 3 300 % au cours des quatre dernières années, alors que les tarifs nationaux ont été réduits de 25 %.

Gordon Moffat, directeur général d’Eurofer, a salué la nouvelle selon laquelle l’analyse préliminaire de la Commission européenne confirmait qu’il y avait suffisamment de preuves, aussi bien en terme de dumping que de préjudice causé à l’industrie européenne, pour justifier l’ouverture d’une procédure.

La Commission dispose désormais de neuf mois pour décider si elle souhaite imposer des droits antidumping provisoires pour une durée de six mois. Les gouvernements européens auront alors 15 mois pour choisir d’appliquer ou non les droits de douane « définitifs » qui seraient en vigueur pendant cinq ans. Mais la décision pourrait s’avérer difficile à prendre, dans la mesure où de nombreux pays européens, notamment le Royaume-Uni, la Suède et les Pays-Bas, sont traditionnellement opposés à de telles mesures, considérées comme protectionnistes.

Peter Power, le porte-parole du commissaire au Commerce Peter Mandelson, a déclaré qu’il s’agirait d’une affaire très délicate et complexe, aux enjeux considérables.

Les entreprises européennes d’ingénierie, qui reposent sur des importations d’acier bon marché pour rester compétitives, ont notamment riposté à la suggestion de mesures antidumping, affirmant que les entreprises de métallurgies et d’ingénierie mécanique fournissent davantage d’emplois dans l’UE que la production d’acier. SelonAdrian Harris, secrétaire général d’Orgalime, l’association des industries européennes d’ingénierie, l’Europe a besoin d’une stratégie mondiale à long terme pour un commerce libre et loyal conforme à la chaîne d’approvisionnement des matières premières aux produits finis, plutôt que d’une approche fragmentée ponctuelle qui n’a qu’une vue très restreinte des intérêts de la Communauté, oubliant totalement les intérêts des consommateurs de l’industrie.

L’intérêt communautaire est au centre même du sujet, au moment où les tendances changeantes du commerce mondial opposent de plus en plus les intérêts européens entre eux. Néanmoins, la question sensible concernant la meilleure façon de faire face à ces pressions est loin d’être résolue, après les profondes divisions entre Etats membres le mois dernier, qui avait forcé la Commission à reporter ses plans visant à réfomer le système de défense commercial de l’UE (EURACTIV 14/01/08).