La Commission donne le feu vert à la candidature de l'Islande à l'UE

Hier (24 février), l'Islande a fait un important pas en avant vers l'adhésion à l'UE, la Commission ayant recommandé officiellement l'ouverture des discussions d'adhésion avec le pays insulaire.

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Hier (24 février), l'Islande a fait un important pas en avant vers l'adhésion à l'UE, la Commission ayant recommandé officiellement l'ouverture des discussions d'adhésion avec le pays insulaire.

Comme on pouvait s'y attendre, le Tchèque Štefan Füle,commissaire à l'Elargissement, a déclaré que l'Islande avait reçu le feu vert de la Commission après avoir rempli les critères de Copenhague pour l'adhésion à l'UE (stabilité des institutions garantissant la démocratie et les droits de l'homme, existence d'une économie de marché qui fonctionne, et capacité de prendre les responsabilités d'un Etat membre).

L'avis de la Commission prend en compte les critères politiques, économiques et légaux. Au vue de ces éléments, la performance de l'Islande a été considérée comme satisfaisante, d'où la recommandation positive.

Pourtant le leitmotiv de M. Füle était de dire qu'il n'y avait pas de raccourci pour arriver à l'adhésion. Il a affirmé que dans ses prises de décision futures il prendrait en compte les progrès factuels à l'égard de l'adhésion.

Gérer les attentes

La balle étant désormais dans le camp des Etats membres, le commissaire a été questionné sur les éventuels déboires venant du problème de remboursement d'Icesave (voir "Contexte").

M. Füle estime que les problèmes bilatéraux ne devraient pas affecter l'examen de la conformité d'un pays aux règles de l'UE.

Il n'y a pas de lien direct entre les discussions bilatérales d'un côté et l'opinion de la Commission de l'autre, a-t-il affirmé.

 Cependant, le Royaume-Uni et les Pays-Bas pourraient ne pas vraiment tenir à se conformer au règlement de l'UE, car les discussions se font de plus en plus intenses, non seulement sur l'adhésion de l'Islande mais aussi sur la dispute par rapport au FMI.

Par ailleurs, même si le fait que l'Islande fasse partie de l'espace économique européen (EEE) la met dans une situation avantageuse en termes de transposition des règles de l'acquis communautaire sur le marché interne, l'avis de la Commission a néanmoins souligné certains domaines dans lesquels le pays doit encore progresser.

Il s'agit par exemple de l'indépendance de la justice. Le rapport montre que la prédominance donnée au ministre de la justice et des droits de l'homme dans les nominations judiciaires, étant donné que la cour suprême et le comité d'évaluation ont un rôle consultatif, pose la question de la véritable indépendance des juges.

Les conflits d'intérêts représentent un autre domaine inquiétant. Le rapport déclare que suite à la crise financière, des questions ont été posées quant à la possibilité d'un conflit d'intérêt dans la vie publique islandaise, par exemple les liens étroits entre la classe politique et le monde des affaires, surtout au vue de la faible population et de la situation isolée du pays.

Les discussions d'adhésion pourraient également trébucher sur des questions telles que la pêche, le développement rural, la libre circulation des capitaux et des services financiers.

Toutefois, l'obstacle de plus considérable de l'Islande sur la route de l'adhésion pourrait être l'euroscepticisme répandu à la fois aux niveaux du peuple et des partis. Un domaine dans lequel Bruxelles a peu de poids.

Une série de sondages effectuée entre août 2005 et septembre 2009 par des groupes d'enquêtes variés a montré que bien qu'il y ait un soutien au lancement des négociations d'adhésion, la majorité des islandais s'opposent systématiquement à une adhésion totale.

Au niveau politique, la situation est reflétée par la réticence du Mouvement des verts et de gauche et du parti indépendant d'embrasser la cause européenne.