La Commission doit faire entendre sa voix au sujet de la directive sur les services [FR]

José Manuel Barroso doit rapidement clarifier ses intentions concernant le dossier de la directive sur les services, et éviter que celui-ci ne vienne parasiter le référendum français sur la Constitution, déclare le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV.

José Manuel Barroso doit rapidement clarifier ses intentions concernant le dossier de la directive sur les services, et éviter que celui-ci ne vienne parasiter le référendum français sur la Constitution, déclare le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV.

« Les gens n’aiment pas le changement » : cette vérité fondamentale, tout responsable politique impliqué dans le programme de réformes de Lisbonne ferait bien de la garder à l’esprit. Tel est le conseil de bon sens donné aux dirigeants politiques de l’Union par le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen ; en cela, M. Nyrup Rasmussen peut s’appuyer sur son expérience d’ancien premier ministre du Danemark, poste auquel il était parvenu à mettre en oeuvre des réformes socio-économiques ayant permis à son pays de consolider sa place parmi les très bons élèves de la classe européenne.

« Quelles que soient les réformes que nous imposons, nous devons réussir à créer des emplois. Si nous ne le faisons pas, les gens ne nous soutiendront pas », a souligné M. Nyrup Rasmussen, avant d’ajouter à l’intention du secteur privé : « Si vous ne parvenez pas à mettre les gens de votre côté, vous pouvez toujours parler et reparler de compétitivité, cela ne servira à rien. »

Le président du Parti socialiste européen appelle notamment José Manuel Barroso à lever les incertitudes qui continuent à peser sur les réelles intentions de la Commission concernant la stratégie de Lisbonne, et en particulier une éventuelle révision de la proposition de directive sur les services : « J’ai mis en garde la Commission contre le risque qu’il y aurait à donner l’impression de vouloir attendre que le référendum français soit passé. Ce serait une attitude dangereuse. Discutons [du texte] de façon libre et ouverte. C’est toujours ce qu’il y a de mieux à faire. La Constitution sur laquelle nous allons voter n’a rien à voir avec la directive sur les services ». 

Par ailleurs, M. Nyrup Rasmussen encourage tous les Etats membres de l’UE à soutenir les efforts actuellement consentis par l’Allemagne pour relancer son économie : « Le moment est venu de s’habituer à dire :’Ne demandez pas ce que l’Allemagne peut faire pour l’Europe, mais plutôt ce que l’Europe peut faire pour l’Allemagne' ».

Veuillez cliquer ici pour lire l’intégralité de l’entretien avec Poul Nyrup Rasmussen.