La Commission demandera aux États membres de l’UE un bilan annuel sur leur réarmement

La Commission européenne souhaite instaurer un suivi annuel des achats d’armes par les États membres afin de dresser un bilan global du réarmement de l’Union, selon un document envoyé aux capitales européennes et consulté par Euractiv.

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Selon ce document, envoyé en amont d’une réunion informelle des chefs d’État et de gouvernement mercredi 1er octobre, l’exécutif européen demanderait des données sur les achats de défense des États de l’UE et sur les progrès réalisés par ces derniers pour combler leurs lacunes en matière de capacités et publierait ensuite un rapport. Les informations seraient toutefois agrégées afin de ne pas exposer d’informations sensibles liées à la sécurité nationale.

Le « rapport annuel sur l’état de préparation de la défense » de la Commission serait envoyé en octobre aux dirigeants du bloc, en vue de leur sommet. Cela leur permettrait « d’examiner [ensemble] les progrès accomplis et de fournir des orientations stratégiques sur les actions prioritaires », peut-on lire dans le document envoyé aux Vingt-Sept.

Le commissaire à la Défense, Andrius Kubilius, avait récemment évoqué un « plan obligatoire de développement des capacités », qui reprend la même idée.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait quant à elle proposé des « semestres de défense », suggérant que l’exécutif européen rende compte des progrès réalisés deux fois par an. Mais selon nos informations, cette idée a été abandonnée et intégrée dans le principe de rapports annuels.

L’État-major de l’UE (EMUE) est déjà en train de dresser un aperçu des stocks militaires des États de l’UE et de leurs objectifs, qui ont été largement influencés par les objectifs fixés à l’OTAN et les possibilités de collaboration identifiées par l’Agence européenne de défense (AED).

Les grands programmes

Avant la rencontre des dirigeants de mercredi, la Commission a également présenté ses idées pour quatre projets phares en matière de défense.

En raison d’une série d’incidents impliquant l’incursion de drones étrangers dans les espaces aériens d’États de l’UE ce mois-ci, deux projets figurent en tête de l’ordre du jour : le « mur anti-drones » européen (ou « Drone Wall » en anglais), et l’initiative Surveillance du flanc oriental (Eastern Flank Watch).

Le mur anti-drones comprendrait « des capacités anti-drones pour la détection, le suivi et la neutralisation, ainsi que des capacités pour frapper des cibles au sol », explique la Commission dans le document.

À la différence du mur anti-drones, l’Eastern Flank Watch agirait non seulement contre les drones, mais aussi contre les « opérations hybrides », ce qui suggère un champ plus large de menaces à prendre en compte (par exemple la désinformation ou les migrations).

Les deux autres projets proposés sont un bouclier de défense aérienne et un bouclier de défense spatiale. Le document ne précise pas en quoi consisteraient ces projets précisemment, mais ils ont été évoqués pendant le mandat du commissaire Kubilius.

Par ailleurs, la Commission indique qu’elle « devrait mettre à jour ses cadres en matière de concurrence et d’aides d’État, notamment afin de favoriser une plus grande coopération industrielle en matière de défense entre les États membres », un sujet controversé et sensible en raison du manque d’harmonisation entre les capitales de l’UE.

Mercredi, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE devraient faire part à la Commission de leurs avis sur ces projets. L’exécutif de l’UE prendra en compte les échanges et reviendra avec une feuille de route, qui devrait être publiée le 16 octobre.