La commission de l'Environnement et de la Santé au Parlement européen sera scindée en deux, selon un eurodéputé

La commission de l'Environnement et de la Santé du Parlement européen (ENVI), accablée par une lourde charge de travail au cours du dernier quinquennat, sera divisée en deux afin de ne plus s'occuper de la santé et de la sécurité alimentaire, selon l'eurodéputé de centre droit Peter Liese.

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Le Parlement européen compte 20 commissions permanentes, au sein desquelles se déroule l'essentiel du travail des eurodéputés. Leur travail est soutenu par quatre commissions subordonnées. [Shutterstock/Fabrizio Maffei]

La commission de l’Environnement et de la Santé du Parlement européen (ENVI), accablée par une lourde charge de travail au cours du dernier quinquennat, ne prendra plus en charge la santé et de la sécurité alimentaire, selon l’eurodéputé de centre droit Peter Liese.

Le Parlement européen compte 20 commissions permanentes, au sein desquelles se déroule l’essentiel du travail des eurodéputés. Leur travail est soutenu par quatre commissions subordonnées.

Toutefois, à la suite des élections européennes, le plus grand groupe politique du Parlement, le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, souhaite modifier cette structure afin de tenir compte du nombre croissant de lois passant par la commission de l’Environnement, de la Santé et de la Sécurité alimentaire, connue sous le nom d’ENVI.

« ENVI sera scindée », a affirmé Peter Liese, un eurodéputé allemand du PPE qui s’occupe des questions d’environnement et de santé pour son groupe, mardi (2 juillet).

Bien que la question ne soit pas réglée à 100 %, Peter Liese constate un consensus croissant entre les dirigeants des différents groupes et s’attend à ce qu’une décision soit prise d’ici la semaine prochaine.

La scission impliquerait « une commission de la Santé et de la Sécurité alimentaire » séparée de la commission ENVI, qui resterait en charge des législations sur l’environnement et le climat, a-t-il expliqué.

Actuellement, la commission SANT, créée en février 2023 et axée sur la santé publique, existe en tant que sous-commission, subordonnée à ENVI et avec des compétences plus limitées.

Au cours des cinq dernières années, toutefois, ENVI a géré les retombées de la pandémie de Covid-19 tout en s’occupant de dizaines de lois visant à promulguer le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), l’initiative phare de la Commission européenne en matière d’écologie et de développement durable.

Cependant, d’autres groupes politiques ne sont pas encore convaincus que la scission se matérialisera.

Le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) a expliqué à Euractiv qu’il continuait à s’opposer à cette initiative, car il est un fervent défenseur de l’approche « une seule santé », qui prend en compte les liens entre la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes.

« Nous pensons que cette approche est mieux servie par la commission ENVI, avec l’aide de sa sous-commission », a indiqué un porte-parole du groupe de centre gauche.

Plusieurs sources travaillant pour le groupe S&D et pour les Verts au Parlement européen ont confié à Euractiv que la situation n’était pas encore claire.

Les membres allemands du groupe libéral Renew considèrent la scission proposée comme une étape cruciale vers la réalisation d’une de leurs priorités : une commission permanente axée sur la défense. Les S&D sont prêts à soutenir cette proposition, mais à condition qu’en échange une commission permanente sur les droits humains soit créée.

Dans les cercles de gauche, on s’inquiète de la scission de la commission ENVI, compte tenu de ses antécédents en tant qu’acteur progressiste majeur dans le domaine des lois sur l’environnement. Par exemple, la restriction de polluants tels que les PFAS, également connus sous le nom de « polluants éternels », devrait être plus difficile à mettre en œuvre dans le cadre du nouvel accord proposé.

« ENVI a réussi à assurer une meilleure protection en renforçant les politiques de lutte contre la pollution de l’air et en réduisant l’exposition aux produits chimiques nocifs pour la santé », a déclaré Anne Stauffer, directrice adjointe de l’ONG écologiste HEAL, qui a exhorté les eurodéputés à préserver la commission dans son entièreté.

*Maria Simon Arboleas, Max Griera et Sofia Sanchez Manzanaro ont contribué à la rédaction de cet article.