La Commission cherche à protéger les compagnies aériennes et les constructeurs contre la « concurrence déloyale »

La future stratégie de l'UE portera également sur le « déploiement à grande échelle d'aéronefs sans pilote » et les questions de sécurité

EURACTIV.com
[Photo : Christian Charisius/picture alliance via Getty Images]

Dans le cadre d’une refonte prochaine de sa stratégie aérienne, l’UE cherchera à protéger les entreprises nationales contre la concurrence déloyale des compagnies aériennes et des constructeurs étrangers, à miser pleinement sur les nouvelles technologies telles que les avions autonomes, et à se préparer à faire face aux crises internationales.

« Des conditions de concurrence équitables à l’échelle mondiale sont essentielles pour soutenir la compétitivité des compagnies aériennes de l’UE et l’attractivité de ses aéroports pivots », indique un document présentant une consultation préliminaire lancée jeudi.

Les préoccupations de l’exécutif européen en matière de compétitivité vont bien au-delà de la question immédiate des risques liés à l’approvisionnement en carburant découlant de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

La Commission fait indirectement référence à la charge financière que le respect de la législation européenne en matière de climat fait peser sur les compagnies aériennes locales, et affirme que le plan de l’UE devrait « protéger » les industries aéronautiques et aérospatiales contre la « concurrence déloyale ».

Cela implique de renforcer l’autonomie stratégique en matière de chaînes d’approvisionnement : garantir l’accès au carburant aviation, aux matières premières critiques et à d’autres technologies.

Le plan à venir doit également garantir que l’industrie européenne « bénéficie d’un écosystème informatique et de données moderne et souverain », précise l’exécutif européen.

« L’imprévisibilité du commerce mondial crée une incertitude pour l’autonomie stratégique de l’UE », selon le document de consultation. « Ce défi s’ajoute à la croissance rapide attendue des constructeurs aéronautiques mondiaux concurrents, ainsi qu’aux rachats étrangers de start-ups aéronautiques de l’UE. »

Il est « impératif » de jouer un rôle de premier plan dans le domaine de l’aviation durable et des technologies zéro émission, ajoute-t-elle.

Aéronefs sans pilote

Au-delà des technologies propres, la Commission craint toutefois que l’UE ne perde du terrain dans la course mondiale à la création de petits aéronefs électriques – des taxis volants de type drone, par exemple – tels que ceux déjà en cours de développement aux États-Unis et en Chine.

Bruxelles souhaite investir dans la recherche et « stimuler le déploiement à grande échelle des aéronefs sans pilote en accélérant la mise en œuvre d’un cadre réglementaire propice ».

Les plans de l’exécutif européen comportent également un volet sécuritaire. La Commission souhaite que le secteur soit prêt à faire face à un monde de plus en plus en proie à la guerre, où la capacité à perturber les systèmes mondiaux de navigation par satellite est déjà utilisée à des fins militaires.

La stratégie à venir devrait « renforcer la résilience de l’aviation face aux menaces émergentes pour la sécurité, telles que les interférences avec le GNSS, les incursions de drones, l’utilisation de l’aviation à des fins de migration irrégulière et les crises majeures potentielles à venir », écrit-elle.

La consultation se déroule jusqu’au 21 mai ; l’adoption de la stratégie de l’UE est prévue pour le troisième trimestre 2026.

(rh)