La Commission approuve les relocalisations de migrants en rappelant la priorité de sauver des vies

Mercredi (9 novembre), la Commission européenne a déclaré que les États membres doivent soutenir davantage les pays en première ligne des arrivées de migrants en matière de relocalisation et donner la priorité à la sécurité des vies en mer.

Euractiv.com
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SOS Méditerranée a déclaré que les garde-côtes libyens s’étaient approchés de leur bateau de sauvetage alors qu’il était en route pour secourir quelque 80 migrants en détresse. L’ONG a expliqué que les garde-côtes les avaient approchés « dangereusement » et avaient menacé leur équipage « avec des armes à feu et en tirant des coups de feu en l’air ». [EPA-EFE/FRANCESCO RUTA]

Mercredi (9 novembre), la Commission européenne a déclaré que les États membres doivent apporter davantage de soutien aux pays en première ligne des arrivées de migrants en matière de relocalisation et donner la priorité à la sécurité des vies en mer.

Dans son communiqué de presse, la Commission a demandé que les 234 survivants du bateau de l’ONG norvégienne Ocean Viking, qui se dirige actuellement vers la France, soient immédiatement autorisés à débarquer.

Même si le gouvernement français a accepté d’accueillir les passagers, en raison de la situation délicate après plusieurs jours de blocage, l’équipage demande un débarquement immédiat dans le port le plus proche.

Au moment de la rédaction de cet article, le navire Ocean Viking se trouve près des côtes de la Sardaigne.

La semaine dernière, près de 1 000 demandeurs d’asile sont arrivés en Italie via quatre bateaux d’ONG, dont Ocean Viking.

Le gouvernement italien a d’abord tenté d’empêcher tous les passagers de débarquer, avant d’autoriser uniquement le débarquement des personnes considérées comme « vulnérables » par l’Italie. Mardi soir, cependant, tous les passagers ont fini par débarquer pour des raisons sanitaires — sauf ceux de Ocean Viking.

Selon les experts en migration consultés par EURACTIV, l’Italie a violé le droit international avec le blocage et le débarquement sélectif.

La Commission a insisté sur l’obligation légale de sauver des vies, « quelles que soient les circonstances qui conduisent les personnes à se trouver dans une situation de détresse », afin d’éviter une « tragédie humanitaire ».

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a nié toute violation du droit international et qualifié la décision de l’autorité sanitaire de débarquer tous les passagers de « bizarre ».

Mme Meloni a sollicité la solidarité des autres États membres sous forme de relocalisations.

« Sur la base du mécanisme de solidarité convenu d’un commun accord, un nombre important de lieux de relocalisation sont disponibles pour soulager une partie de la pression par une relocalisation dans d’autres États membres », a déclaré la Commission européenne.

L’exécutif européen appelle à la mise en place d’un « cadre durable » pour faire face à la situation migratoire en Méditerranée, et a approuvé son nouveau pacte sur l’immigration et l’asile, qui, selon la Commission, contient un « mécanisme de solidarité fort ».

Le pacte est en cours de négociation et le mécanisme de solidarité est l’un des points les plus contestés par les différentes parties.

Selon les institutions européennes, un accord sera trouvé avant les prochaines élections européennes, au printemps 2024.