La Commission acte l'importance des collectivités locales dans le développement

Malgré leurs difficultés financières, techniques, et les risques de corruption, la Commission prône la décentralisation fiscale et l'octroi d'une aide budgétaire directement aux collectivités compétentes pour mettre en place des réformes sectorielles.

EURACTIV.fr

Malgré leurs difficultés financières, techniques, et les risques de corruption, la Commission prône la décentralisation fiscale et l’octroi d’une aide budgétaire directement aux collectivités compétentes pour mettre en place des réformes sectorielles.

Principaux interlocuteurs des bailleurs de fonds, les Etats ont tendance à rendre moins visibles les collectivités locales des pays en développement.

Pourtant, les territoires ont un rôle « essentiel » à jouer pour rendre la solidarité internationale plus efficace, selon une communication de la Commission européenne, présentée mercredi 15 mai. 

Rôle d’alerte

Dans les Etats décentralisés, elles sont responsables du bon fonctionnement des services de base, mais pourraient être davantage écoutées. Par exemple, « sur le fonctionnement des industries extractives et sur la manière dont les revenus gérés par ces industries sont répartis entre les communautés locales, le pouvoir central et les opérateurs privés», indique le texte.

La Commission souligne l’utilité du pouvoir des agglomérations dans les Etats fragiles, où elles peuvent «désamorcer les premières manifestations de violence à l’aide de mécanismes locaux traditionnels de règlement des conflits ».

Les problèmes de gouvernance urbaine nécessitent de consulter les représentants des villes, car les agglomérations des pays en développement font face à une forte pression démographique. Dans ce contexte, l’UE devrait les encourager « à définir des politiques de rénovation des bidonvilles ».

Corruption

Pour cela, les villes doivent être cependant plus autonomes et disposer de capacités techniques, humaines et financières suffisantes.

Cependant, leur compétence est mise à mal par « un niveau élevé de corruption et de mauvaise administration, le clientélisme et l’économie souterraine, ainsi que par des faiblesses institutionnelles », reconnait Bruxelles qui pointe, entre autres, « des procédures de planification inappropriées et une gestion des finances publiques inadéquate ».

Afin de dépasser ces difficultés, la Commission égrène plusieurs propositions. Elle prône la décentralisation fiscale « pour instaurer progressivement une culture de la responsabilité ». Elle suggère également de fournir un appui budgétaire directement aux collectivités compétentes, et non à l’Etat central, pour mettre en place des réformes sectorielles. 

Reconnaissance

« Nous nous réjouissons que les autorités locales et régionales soient à présent considérées comme des acteurs politiques qui doivent être pleinement associés à la définition et à la mise en place des politiques de développement nationales », dit un communiqué du réseau Platforma. Crée en 2008, ce groupe rassemble les autorités locales et régionales acteurs de la coopération décentralisée.

Les collectivités européennes entendent ainsi jouer leur rôle de conseil auprès de la Commission européenne, mais aussi auprès des territoires dans les pays en développement, qui ont des difficultés à décrocher les appels à proposition de Bruxelles.

Entre 2011 et 2013, la Commission a prévu une enveloppe financière de 702 millions d’euros pour soutenir directement les collectivités et la société civile des pays en développement. L’argent est destiné à renforcer les capacités et la cohésion des collectivités locales, des acteurs non étatiques (ONG, associations, coopératives), ainsi qu’à sensibiliser l’opinion publique au développement.