La commissaire V?ra Jourová victime de luttes intestines au Parlement européen
Après une performance moyenne, la candidature de V?ra Jourová pourrait être victime des luttes entre les forces politiques du Parlement européen, ont affirmés des eurodéputés tchèques. Un article d'EURACTIV République tchèque.
Après une performance moyenne, la candidature de V?ra Jourová pourrait être victime des luttes entre les forces politiques du Parlement européen, ont affirmés des eurodéputés tchèques. Un article d’EURACTIV République tchèque.
Plombée par un grand oral médiocre qui l’oblige à repasser par la case des questions écrites, la commissaire V?ra Jourová a été coincée entre les feux des différents camps politiques du Parlement européen.
Selon plusieurs eurodéputés tchèques, la performance de la Tchèque était par moment peu convaincante, mais elle n’a pas pour autant échoué. Plus que sa piètre performance, selon les Tchèques, ce sont les intrigues au sein du Parlement européen qui seraient à l’origine du rattrapage écrit auquel va être soumise la commissaire libérale.
« [Ces intrigues] ont joué un rôle majeur, notamment chez les socialistes du S&D », a indiqué Pavel Teli?ka (ADLE). « Ils ont tiré profit de moments de faiblesse pour lever une ligne de défense autour de leurs candidats, notamment Pierre Moscovici », selon l’eurodéputé libéral.
Fusible pour les socialistes ?
Ce point de vue est partagé par le président de la commission des affaires juridiques, Pavel Svoboda (PPE). « [Pierre] Moscovici est coupable en partie des actuelles difficultés financières de la France. Il serait préjudiciable s’il apportait son expertise au niveau européen », a-t-il mis en garde. Au sujet de son audition, Pavel Svoboda a considéré que la Tchèque a été meilleure que ce qu’il attendait, en particulier si on tient compte de l’étendue de l’éventail de son portefeuille.
Une position que ne partage pas Emmanuel Foulon, porte-parole du Parti socialiste belge au Parlement européen, qui rappelle que «son parti s’appuie avant tout sur le fond de la prestation et que les réponses de la candidate ont été superficielles.«Nous lui avons demandé plusieurs compléments d’informations afin qu’elle puisse préciser à l’ensemble des eurodéputés les objectifs qu’elles compte atteindre dans les matières de protection des consommateurs, d’égalité des genres ou encore de justice. La ligne de conduite socialiste a toujours été de juger tous les candidats sur leur prestation et pas sur leur appartenance politique ou leur nationalité» explique-t-il.
Opposition des conservateurs
Tomáš Zdechovský (PPE) de la commission LIBE a de son côté expliqué que l’opposition s’est aussi manifestée chez les Verts et les conservateurs.
Selon l’eurodéputé, la nationalité de la commissaire a également posé problème. Les Tchèques seraient en effet perçus comme les fauteurs de troubles en Europe, a-t-il exposé.
« Cette histoire me rappelle lorsque le président Miloš Zeman s’est rendu à la conférence organisée par l’associé de [Vladimir] Poutine, durant laquelle il a appelé à lever les sanctions contre la Russie. Nous sommes perçus comme ceux qui passent à la caisse sans jamais coopérer », a expliqué Tomáš Zdechovský. « Ils mélangent les deux. Et je suis contre ça » a-t-il tonné.
Mais il a également mis en exergue l’importance du jeu politique entre les groupes. Selon lui, certains eurodéputés libéraux ont vivement critiqué le PPE, qui est alors tenté de répondre sur le même ton.
L’affaire d’Andrej Babiš
Même si l’audition de V?ra Jourová n’a pas été la plus virulente du lot, il y a eu quelques questions ardues, notamment en provenance de l’eurodéputée italienne Laura Ferrara d’Europe de la liberté et de la démocratie directe. Elle l’a ainsi accusé de fournir de fausses informations au sujet du dirigeant de son parti ANO, Andrej Babiš.
Le vice-président tchèque et ministre des Finances détient toujours une importante usine de production alimentaire, Agrofert, et une maison d’édition, Mafra, qui est propriétaire du journal le plus lu en République tchèque, Mladá fronta DNES. La potentielle commissaire avait affirmé dans le passé que le dirigeant de l’ANO comptait se retirer de ces entreprises, ce qui n’a pas eu lieu dans les faits.
« J’ai dit ce que j’avais à dire sur la question. Il a eu une carrière dans les affaires couronnées de succès et je n’en ai touché aucun profit », a-t-elle assuré. Sa réponse a été écharpée par certains commentateurs tchèques.