La commissaire bulgare s’exprime sur les manifestations dans son pays

Kristalina Georgieva s’est montrée préoccupée par la situation politique en Bulgarie : cela fait 40 jours que la population manifeste contre le gouvernement.

EURACTIV.com
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Kristalina Georgieva s’est montrée préoccupée par la situation politique en Bulgarie : cela fait 40 jours que la population manifeste contre le gouvernement.

Les manifestants ont bloqué le parlement et empêché les députés et le personnel de quitter le bâtiment pendant plus de huit heures. La police est intervenue et a permis aux députés de sortir.

Des manifestants ont lancé des bouteilles et des pierres sur les policiers. [voir la galerie de photos et de vidéos de Dnevnik, le partenaire d'EURACTIV en Bulgarie]

Des sondages d'opinion révèlent que Kristalina Georgieva est la personnalité politique la plus populaire dans le pays. Elle a rencontré des journalistes mardi 23 juillet et a nié avoir tenté d'influencer la politique en Bulgarie.

Ancienne vice-présidente de la Banque mondiale, elle prend très au sérieux son rôle de commissaire européenne en charge de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises. Elle est déterminée à remplir son mandat.

« Je ne pense pas que les déclarations de Bruxelles régleront le problème en Bulgarie », a-t-elle expliqué.

Sofia est empêtrée depuis des mois dans des manifestations liées à la dégradation des conditions économiques et à des conflits politiques. Le gouvernement précédent mené par Boyko Borissov est tombé en février. Des élections ont été organisées le 12 mai (voir « Contexte »).

Les manifestations ont débuté le 14 juin lorsque le gouvernement fraîchement élu de Plamen Oresharski a désigné Delyan Peevski comme chef de file de l'agence d'État pour la sécurité nationale. M. Peevski est un homme d'influence controversé, propriétaire du groupe de médias New Bulgarian. Il a retiré sa candidature, mais les manifestations se poursuivent afin que le premier ministre démissionne.

De nombreux Bulgares dénoncent le régime politique corrompu dans le pays le plus pauvre de l'UE. D'autres ont quitté le pays à la recherche d’occasions opportunes à l'étranger.

Des informations calomnieuses

La commissaire Georgieva a démenti les informations publiées dans New Europe, un journal basé à Bruxelles. Elle ne préconise pas d'élections immédiates en Bulgarie afin que M. Borissov revienne au pouvoir. 

« Je ne lis pas New Europe. Lorsque je suis arrivée ici au début de mon mandat, ils ont publié un tas d'informations calomnieuses sur moi, mon cabinet et mon travail. Ce qu'ils ont écrit est absolument faux. Je n'ai jamais violé les règles de conduite, valables pour tous les commissaires et qui demandent de ne pas interférer dans les affaires nationales », a-t-elle déclaré.

La commissaire bulgare a affirmé qu’elle n’interférait pas dans la politique nationale et qu’elle tentait d'être « absolument transparente » dans son travail.

« Je pense que mon autorité en tant que commissaire et celle de mon équipe s'accroît grâce à ce principe. »

Elle ne brigue pas non plus le poste de premier ministre et son prénom n'est pas Stalinka (d'après le dictateur soviétique Joseph Staline) comme l'ont indiqué certains journaux bulgares.

« Je peux vous dire que mon prénom est Kristalina et qu'il vient de ma grand-mère Kristina », a-t-elle expliqué.

Elle estime que le ton politique en Bulgarie doit passer des agressions et des calomnies à un « discours rationnel ».

« Crier n'est pas la voix de la raison. Mais comment la voix de la raison peut-elle dépasser les cris des confrontations ? »

Selon la commissaire, la Bulgarie devrait tenter de respecter trois priorités :

  • les institutions publiques devraient prêter attention à la population ;
  • le gouvernement devrait se focaliser sur l'absorption de fonds européens nécessaires ;
  • progresser dans la lutte contre la corruption et réformer l'appareil judiciaire inefficace.

« S'il n'y a aucun changement, nous perdrons des amis », a-t-elle ajouté, en faisant référence à la position du pays dans l'UE et sur la scène internationale.

La commissaire Viviane Reding a participé à un débat à Sofia sur l'avenir de l'Europe, organisé par la Commission européenne avec des organisations de la société civile.

La situation politique en Bulgarie a marqué ce débat. De nombreux orateurs ont demandé à l'exécutif européen de jouer le rôle d'arbitre. Viviane Reding a répondu que la Commission européenne ne pouvait pas remplacer le gouvernement bulgare.

La commissaire luxembourgeoise entend toujours parler de corruption, d'oligarques et de désespoir en Bulgarie, mais « une démocratie ne peut pas fonctionner comme cela ».