La Chine pourrait être tentée d’influencer la politique européenne, selon les experts
L’Europe devrait se méfier davantage de la Chine, qui passe désormais d’une forme de communication modérée à une forme plus agressive. Influencer les élections pourrait bientôt faire partie de cette stratégie, ont averti des experts de l’Observatoire central européen des médias numériques.
L’Europe devrait se méfier davantage de la Chine, qui passe désormais d’une forme de communication modérée à une forme plus agressive. Influencer les élections pourrait bientôt faire partie de cette stratégie, ont averti des experts de l’Observatoire central européen des médias numériques (CEDMO), à un an des élections européennes.
Bien qu’il n’y ait aucune preuve que la Chine a l’intention de se mêler des processus démocratiques de l’UE, les institutions devraient être vigilantes, a déclaré Ivana Karásková, chercheuse au CEDMO.
« Ce que nous savons d’autres pays — parce que la Chine est plus active dans la sphère indopacifique — c’est qu’elle a activement essayé [d’interférer dans les processus démocratiques] en achetant des votes par la mise en avant de certains candidats politiques ou en discréditant les critiques d’autres candidats politiques au moyen [de campagnes] de désinformation », a expliqué Mme Karásková, également conseillère spéciale de la commissaire européenne Věra Jourová, à EURACTIV République tchèque.
« De tels événements ont déjà été évoqués et se sont produits — nous ne sommes pas encore en mesure de dire s’ils se produiront au niveau européen, mais il semble qu’il soit bon d’être vigilant », a-t-elle ajouté.
Selon Mme Karásková, il existe de nouveaux risques que la Chine commence à s’adresser davantage à certains groupes de population, tels que l’extrême gauche ou l’extrême droite, dont les électeurs ne sont pas satisfaits de l’état actuel des choses.
Les experts avertissent également que l’Europe centrale et de l’Est constituent désormais un laboratoire utile à la Chine pour explorer les moyens d’exercer efficacement son influence dans une région où elle n’a pas l’habitude d’opérer.
Les ambassadeurs chinois dans les États membres de l’UE (en République tchèque, en Lituanie et en Lettonie) ont par exemple fait des déclarations similaires aux médias lors des manifestations à Hong Kong, qu’ils ont cherché à dépeindre comme un obstacle désagréable à un « avenir meilleur pour Hong Kong ». Des cas similaires se sont produits dans d’autres pays, comme en Serbie et en Finlande.
La Chine a également tenté d’« infiltrer » l’espace public européen au moyen des médias.
La société chinoise CEFC a par exemple acquis une participation importante dans la société de médias tchèque Empresa Media. Par la suite, certains des médias de cette société ont commencé à présenter la Chine de manière exclusivement positive par rapport aux autres médias. Plusieurs mois plus tard, la CEFC s’est retirée d’Empresa Media.