La chasse au loup commence en Finlande, soulevant des questions juridiques
Les chasseurs finlandais ont inauguré la nouvelle année en abattant une douzaine de loups le jour même où une interdiction de longue date a pris fin, malgré les avertissements des écologistes selon lesquels Helsinki aurait enfreint le droit européen avec cette mesure.
Le ministère de l’Agriculture et des Forêts a confirmé le 30 décembre que la première saison de chasse au loup se déroulerait du 1er janvier au 16 février, deux semaines après qu’un vote du parlement finlandais ait levé les restrictions en vigueur depuis 1973.
Le quota national a été fixé à 100 loups. Les autorités considèrent qu’un effectif de 273 individus constitue le seuil d’un « état de conservation favorable ». Cette référence repose sur une évaluation estimant avec une probabilité de 90 % que la population de loups sauvages atteignait au moins 476 animaux à la fin de l’année 2025.
Ce vendredi 2 janvier en début d’après-midi, le nombre d’animaux abattus était passé à 21, selon un décompte en direct publié par l’agence qui supervise l’application des quotas régionaux.
Les groupes de défense des droits des animaux ont averti que la Commission européenne pourrait lancer une procédure d’infraction à l’encontre du pays, les loups restant une espèce protégée en vertu de la directive « Habitats » malgré un récent déclassement de leur statut de « strictement protégé » à « protégé ».
Tapani Veistola, directeur exécutif de l’Association finlandaise pour la conservation de la nature, a déclaré à la veille de l’abattage en cours que le système de quotas enfreignait non seulement la loi fondamentale de l’UE sur la protection de la nature, mais qu’il pouvait également contrevenir à la convention d’Aarhus sur l’accès à la justice en matière d’environnement, car les citoyens n’étaient pas autorisés à contester les quotas.
L’organisation prévoit de déposer une plainte auprès de la Commission européenne.
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Aucune étude d’impact
La décision de lever l’interdiction de chasse a suscité la controverse en Finlande, où le Conseil d’analyse d’impact réglementaire — un organisme de contrôle indépendant chargé d’examiner les projets de loi — a critiqué en novembre une proposition qui, selon lui, ne comportait aucune évaluation de la situation actuelle et de l’impact probable sur les niveaux de chasse et les populations de loups.
Le gouvernement avait toutefois déjà approuvé le projet de loi une semaine plus tôt, la ministre de l’Agriculture, Sari Essayah, ayant déclaré au site d’information Yla qu’il « prend au sérieux les préoccupations croissantes des citoyens concernant les loups et les grands carnivores ».
En revanche, de l’autre côté de la frontière, en Suède (où le seuil de référence pour un statut de conservation favorable a récemment été ramené à seulement 170 animaux pour l’ensemble de ce vaste pays), toutes les licences de chasse pour 2026 ont été annulées à la suite d’une décision du tribunal administratif rendue le 15 décembre.
Le directeur général de la DG Environnement de l’UE, Eric Mamer, a écrit au gouvernement suédois en novembre pour lui faire part de ses « graves préoccupations » concernant une valeur de référence qui « pourrait ne pas être entièrement fondée sur des données scientifiques ».
Les groupes environnementaux appellent déjà les citoyens concernés à demander à l’exécutif européen de prendre des mesures contre la Finlande.