La CEDH condamne l’Italie pour le déversement de déchets toxiques sur la « terre des feux »
La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), a condamné l’Italie pour ne pas avoir protégé les habitants de la « terre des feux », près de Naples. Des organisations criminelles y déversent et brûlent des déchets toxiques depuis des décennies.
ROME — La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), a condamné l’Italie pour ne pas avoir protégé les habitants de la « terre des feux », près de Naples. Des organisations criminelles y déversent et brûlent des déchets toxiques depuis des décennies.
La « terre des feux » est une région couvrant les provinces de Naples et de Caserte. Elle compte environ trois millions d’habitants.
Face aux données scientifiques montrant l’augmentation des taux de cancer et la contamination des nappes phréatiques dans cette région, l’avocate Valentina Centonze a introduit l’affaire au nom de 66 citoyens et de cinq organisations locales.
L’affaire avait été initiée par un homme du nom d’Alessandro Cannavacciuolo dix ans auparavant. Ce dernier avait alors déjà saisi la CEDH. Dans une déclaration faite jeudi, il a décrit la contamination toxique qui a dévasté l’élevage de moutons de sa famille et provoqué des cancers chez de nombreux membres de sa famille. Il a ajouté que son oncle était décédé en l’espace de 30 jours, et que des taux élevés de dioxine ayant été décelés dans son sang.
L’arrêt, rendu ce 30 janvier, constate que le gouvernement italien a manqué à son devoir de traiter la crise alors qu’il était conscient des dangers depuis des années. Rome a ainsi violé l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui garantit le droit à la vie.
La CEDH a donné deux ans à l’Italie pour mettre en œuvre une stratégie globale de lutte contre la pollution dans la région, instaurer un mécanisme de contrôle indépendant et créer une plate-forme d’information publique.
En Italie, la réaction n’a pas été moins forte.
Gerolamo Cangiano, vice-président de la commission Ecomafia de Fratelli d’Italia, a condamné l’incapacité du gouvernement à faire face à la situation, soulignant que les citoyens de la région avaient été abandonnés pendant des années.
« Il est inacceptable que les habitants de la (région de) Campanie aient été laissés face à une crise causée par le crime organisé et l’inaction de ceux qui auraient dû intervenir plus tôt », a-t-il déclaré.
Dans un communique commun, les députés européens du parti populiste Mouvement 5 étoiles, Danilo della Valle, Mario Furore, Valentina Palmisano et Pasquale Tridico, ont qualifié la décision d’« historique ».Selon eux, plus le temps de tergiverser.
« Le gouvernement et toutes les institutions concernées doivent réagir immédiatement, en mettant en œuvre des efforts de nettoyage et en protégeant la santé publique. Une stratégie globale est nécessaire pour faire face à cette crise persistante ».
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(AB)