La CDU d'Angela Merkel se prépare à une défaite aux élections dimanche

A Berlin, il est considéré comme le ministre le plus intelligent d'Angela Merkel. Norbert Röttgen a toutefois mené une campagne bien terne en amont des élections capitales de ce dimanche en Rhénanie-du-Nord - Westphalie, le Land le plus peuplé d'Allemagne, où les sondages prévoient une défaite historique pour les chrétiens démocrates.

/ EURACTIV.com

A Berlin, il est considéré comme le ministre le plus intelligent d'Angela Merkel. Norbert Röttgen a toutefois mené une campagne bien terne en amont des élections capitales de ce dimanche en Rhénanie-du-Nord – Westphalie, le Land le plus peuplé d'Allemagne, où les sondages prévoient une défaite historique pour les chrétiens démocrates.

A Berlin, le ministre allemand de l'environnement, M. Röttgen, est le « chéri de Mme Merkel ».

La chance pourrait toutefois tourner ce week-end, dans la mesure où les sondages prévoient les pires résultats jamais enregistrés pour l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel en Rhénanie-du-Nord-Westphalie où M. Röttgen tente de déloger la social-démocrate Hannelore Kraft au poste de premier ministre.

La presse allemande prédit déjà la défaite de M. Röttgen. Le Financial Times Deutschland a annoncé le « crash en plein vol » de l'homme politique, tandis que selon le Süddeutsche Zeitung il porterait « le coup de grâce » à la chancelière.

Histoire d'aggraver encore la situation, M. Röttgen a relié ce scrutin régional à un vote de confiance sur la politique européenne d'austérité de Mme Merkel dans une déclaration pré-électorale.

Lors d'un récent discours de campagne à Düsseldorf, il a affirmé que la victoire des socialistes en France et la défaite des partis au pouvoir en Grèce soulevaient des questions quant à la politique d'austérité de Mme Merkel en Europe, selon le Süddeutsche Zeitung. Le vote en Rhénanie-du-Nord-Westphalie sera un test sur les choix politiques de Mme Merkel qui seraient revigorés par sa réélection, a-t-il ajouté.

Alors que les sondages d'opinion lui prévoient une défaite humiliante dimanche, les déclarations de M. Röttgen pourraient être interprétées comme une tentative d'accuser Mme Merkel et l'Europe pour son infortune. Des membres du CDU et de son parti frère, L'Union chrétienne-sociale en Bavière, ont expliqué que les propos de M. Röttgen leur avaient « glacé le sang ».

En toute honnêteté, les chances d'élection de M. Röttgen ont toujours été faibles, mais le scrutin régional menace aujourd'hui d'embarrasser la CDU, les commentateurs politiques affirmant qu'il pourrait mettre Mme Merkel dans une position délicate.

Pendant des semaines, le candidat de la CDU a été crédité d'environ 30 % des voix dans les sondages. Le parti était bien mieux placé lors des précédentes élections : il a récolté 34,6 % des voix en 2010 et 45 % des voix en 2005, un record.

Les élections anticipées dans le Land le plus peuplé d'Allemagne ont été annoncées il y a deux mois, lorsque le gouvernement minoritaire, composée du Parti social-démocratie de centre-gauche et des Verts, s'est effondré après avoir échoué à faire adopter le budget. Les partis n'ont eu que 60 jours pour organiser leur campagne.

Test pour les élections de 2013

Ce scrutin est vu comme un test en amont des futures élections de 2013. En 2005, la chute de la coalition rouge-verte à Düsseldorf avait annoncé une défaite de ces partis au niveau fédéral, menant à la nomination de Mme Merkel au poste de chancelière.

De nombreux conservateurs espéraient que le ministre de Mme Merkel enregistre un meilleur score en accusant Mme Kraft d'être irresponsable et accro aux crédits et en jouant sur le slogan de campagne de la CDU :  « Responsabilité avant d'emprunter ».

Les électeurs semblent toutefois peu convaincus. Un sondage réalisé par la chaîne publique allemande WDR a révélé que les électeurs attribuaient plus de compétences en matière de budget à Mme Kraft qu'à son concurrent de la CDU. Ce résultat est surprenant, car la CDU est généralement qualifié de plus responsable en matière de discipline budgétaire que le SPD.

Dans les récents sondages, la popularité de M. Röttgen a chuté à 20 misérables pour cent, tandis que celle de Mme Kraft a grimpé à 60 %, alors qu'elle est en poste.

Ses apparitions en public ont été rares. Dans une émission télévisée diffusée mercredi sur la chaîne publique ZDF, M. Röttgen, d'habitude assez doué, a affirmé qu'il était dommage que lors des élections, il revenait au peuple de décider et non à la CDU.

Quelques secondes plus tard, M. Röttgen s'est rendu compte de son erreur et a affirmé qu'il plaisantait. En vain : la vidéo a rapidement fait le tour de la toile, suscitant de nombreux commentaires mécontents.